Sita-Suez a dégainé le premier. Mais son dossier de centre de stockage à Cayres a
été jugé irrecevable, dans la forme, par le préfet. Pizzorno, lui, prend son temps.
Lequel sera le plus grenello-compatible ? Le centre de stockage de Sita-Suez ou l'unité de traitement de Pizzorno ? Lequel sera le plus vert ? Le projet de Cayres où est prévu un petit centre, de
proximité, capable de stocker 40-45.000 tonnes de déchets de l'agglo du Puy ? Ou le projet de Saint-Beauzire qui prévoit de traiter, et valoriser une grande partie des 80.000 tonnes de déchets de
tout le département, ceci couplé à une production d'électricité photovoltaïque ?
Le premier entend être le chaînon manquant dans le département alors que la gestion des ordures ménagères en Haute-Loire, butte sérieusement sur les déchets de l'agglomération du Puy. Et se pose
comme l'outil complémentaire de l'incinérateur clermontois porté par Vernéa (Suez) qui, lui, se chargerait des déchets de l'Ouest de la Haute-Loire. Le second envisage de prendre en compte les
déchets de tout le département, partie Haute-Loire du SICTOM Issoire-Brioude compris.
Deux projets, deux façons de redessiner la carte des déchets. Mais non sans accrocs. Sita propose de stocker les déchets préalablement triés par les ménages, 4-5 mètres sous terre, le reste
au-dessus. Mais sans nouveau pré-tri. « Faire appel pour ce pré-tri à un industriel local, on ne l'a pas intégré à notre projet, répond Vincent Borel, directeur développement à Sita. On
laisse les opérateurs locaux le réaliser ». Auparavant, Sita devra encore passer des étapes. La première vient d'achopper sur le bureau du préfet, lequel a jugé, en fin de semaine dernière,
le dossier irrecevable. Sur la forme. « On va rajouter les pièces manquantes », résume Vincent Borel. Le projet suit donc son cours? dans l'attente du 12 mars, date à laquelle le
tribunal du Puy devra se prononcer sur la validité de la convention qui lie l'une des familles propriétaires des terres qui accueillerait le site, à Sita?
La filiale de Suez est-elle allée trop vite ? À l'Ouest, Pizzorno n'a pas encore déposé son dossier. « Nous ne travaillons pas dans la précipitation », se contente de répondre son
représentant en Auvergne, Jean-Philippe Dessaulx.
« Le Grenelle dit "il faut traiter au plus près de chez soi", poursuit Vincent Borel. L'urgence est de doter cette partie de la Haute-Loire d'un centre
de stockage, de petite taille, où il ne peut être question d'importer des déchets. C'est du cent pour cent Grenelle ! Aujourd'hui, en moyenne, les
déchets parcourent 180 km. Demain, avec notre projet, il en parcourront 45. Mais si, ici, les gens se satisfont d'envoyer leurs
déchets dans les départements voisins? ».
Urgence? Voilà huit ans que la question des déchets patine. La filière n'a toujours pas abouti et les déchets
de l'agglomération ponote vont de plus en plus loin, jusque dans la Drôme.
Après des années d'attentisme sur fond politique, les grands groupes ont fini par s'engouffrer sur le marché. D'autant plus que le Syvetom, le syndicat du Velay pour le traitement des ordures
ménagères, a fait une croix sur la procédure de délégation de service public, optant pour la mise en place d'un cahier des charges pour tenter d'encadrer les propositions. Comme le résume Willy
Guieau, président du Syvetom, « ce sera une gestion privée à cent pour cent ».
Patricia Cerinsek
La Montagne - 09/02/2010
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