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Publié par ACCID

La réversibilité de Cigéo est dans la loi Macron, définitivement adoptée ce jeudi avec le recours du 49-3 par le Premier ministre. Désormais, ce texte définit, selon les lois de 1991 et de 2006, la réversibilité d’un centre de stockage géologique des déchets radioactifs, Cigéo, prévu par l’Andra à Bure (Meuse). Ce texte était indispensable pour lancer la phase pilote de Cigéo.

C’est une surprise. Une très mauvaise pour les opposants à Cigéo. Ils dénoncent « un coup de force et un déni de démocratie » de la part « de députés à la botte de l’Andra ». Les écologistes parlent de « trahison ». C’est au contraire une bonne nouvelle pour les parlementaires de droite et de gauche qui, depuis des mois, essaient d’intégrer un amendement sur la réversibilité de Cigéo. D’abord dans la loi sur la transition énergétique puis dans la loi Macron.

Ainsi, cet amendement avait fait plusieurs entrées et autant de sorties de la loi Macron. Une bataille que ses promoteurs pensaient avoir perdue jusqu’à ce jeudi. Or la commission spéciale, chargée de finaliser le texte avec le ministre Emmanuel Macron pour le vote final, a conservé l’amendement réintroduit la semaine dernière au Sénat à la demande de Gérard Longuet.

Cette fois, le vice-président écologiste Denis Baupin, à la manœuvre pour mettre le texte hors jeu, n’a rien pu. Le gouvernement a changé d’avis : il n’y aura pas de loi et de débat spécifiques. « Le texte a toute sa place dans la loi Macron et le calendrier parlementaire est extrêmement chargé. J’ai plaidé au plus haut niveau avec Jean-Yves Le Déaut pour que l’amendement soit intégré à la Loi Macron. C’est une satisfaction. Il était nécessaire de calmer le jeu avec une position claire et d’avancer. Cela donne du temps pour les études avec la phase pilote et cela tient compte de la restructuration de la filière nucléaire française », explique Jean-Louis Dumont (député PS de la Meuse). Le sauvetage d’Aréva, l’arrivée plus ou moins annoncée de zadistes sur la zone et des actions à venir ne seraient pas non plus étrangers au nouveau cap.

Selon Jean-Yves Le Déaut, député PS et président de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques : « Il fallait réduire les incertitudes sur la gestion des déchets radioactifs. À l’inverse de ce qui est dit, le débat n’est pas clos et la concertation va se poursuivre. Cet amendement est une nouvelle étape et il y aura une nouvelle décision devant les parlementaires après la phase test. Sans ce texte qui précise le cadre légal du projet Cigéo, nous aurions eu un problème de foncier qui aurait retardé le projet. Il a toute sa place dans la loi Macron car il aura un impact économique significatif pour la Meuse et la Haute-Marne. Enfin, la définition de la réversibilité permettra aux générations futures de revoir le projet. »

Le regard des opposants est tout autre. Locaux et nationaux dénonçaient une confiscation de la décision par l’exécutif au détriment des citoyens.

Sébastien GEORGES