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Publié par ACCID

L’article de la loi Macron en faveur du projet de centre d’enfouissement meusien des déchets radioactifs a été retoqué par le Conseil constitutionnel.

Le Conseil constitutionnel a retoqué plusieurs articles de la loi Macron dont celui qui concernait le projet d’enfouissement profond de déchets radioactifs à Bure. Le Premier ministre a réagi dès ce jeudi en indiquant que les articles invalidés seraient représentés au Parlement en 2016.

Parmi tous les opposants au projet de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), c’est la satisfaction qui domine. Aux abords du camp VMC (Vladimir, Martine and Co) qui regroupe actuellement, à Luméville-en-Ornois, plusieurs centaines de militants de la cause anti-nucléaire notamment, les réactions tombaient au compte-gouttes et sans grande cohérence. Ceux qui campent réaffirment surtout leur rejet global de « la société capitaliste et autoritaire ».

Pour l’instant, mis à part les multiples débats internes au campement établi sur le terrain d’un sympathisant, il ne s’est rien passé d’extraordinaire. Les opposants, venus de toute la France et pour certains de pays limitrophes, ne sont sortis en force qu’une fois : pour une marche aux flambeaux et un pique-nique. Ce qui s’est traduit par quelques tags sur la mairie de Mandres-les-Tour et des déprédations sur les grilles du centre d’enfouissement, ce qui a conduit la gendarmerie à intervenir dans la nuit de lundi à mardi.

Cependant, il existe des rumeurs au sujet d’actions plus spectaculaires pour la fin de la semaine…

Plus sérieusement, Michel Marie, porte-parole du Cedra (Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs), estimait que « Cigéo (Centre industriel de stockage géologique) était atomisé après la décision du Conseil constitutionnel. » Selon cet opposant de la première heure, la tentative de passage en force, dans l’enveloppe de la loi Macron via l’article 49-3, constituait « une bêtise politique monumentale ». Le Cedra entend bien « continuer à lutter contre ce projet aberrant » et estime qu’il est maintenant temps de « remettre tout le monde autour de la table : le gouvernement, les élus, les industriels du nucléaire et les associations. »

Que faire si l’enfouissement profond des déchets à Bure est rejeté ? « Il n’y a pas de solution pour l’instant », reconnaît Michel Marie. « Il faut en chercher. De toute façon, il y a tellement de déchets radioactifs qu’il faudrait un siècle pour tous les enfouir… »

Même position de la part de la coordination Burestop. « Le projet Cigéo est hors-norme de par sa durée et ses risques sanitaires et environnementaux », souligne la coordination en lutte depuis des années contre le centre d‘enfouissement. « Les difficultés techniques sont dantesques. La question des coûts reste obscure, avec des estimations qui oscillent de 20 à 40 milliards d’euros. Ce projet est une chimère sans assise solide, législative, technique et financière. »

Au-delà du projet de Bure, la coordination Burestop plaide pour un débat global et démocratique sur l’ensemble de la filière nucléaire de la France, « pays le plus nucléarisé du monde ».

Ludovic BASSAND