Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Visiteurs

ACCID - Association loi 1901   Plus de 150 adhérents ... pour 2013

Publié par P. GEORGE

Certes, le site de la Fennecière a retenu l'attention de Villers Services.
Mais le promoteur de l'Ecopole travaille sur d'autres hypothèses, en plus de Robécourt.

Si les sociétés spécialisées dans le traitement des déchets ménagers et assimilés s'agitent fortement - souvent sans faire de bruit vu la sensibilité du sujet - c'est tout simplement parce qu'il y a urgence à monter des dossiers et les faire passer au (lent) filtre administratif. Il ne leur a pas échappé que la décharge de Ménarmont arrivera en fin d'exploitation le 30 juin 2009 et que le temps presse pour trouver une solution de rechange. Laquelle s'inscrit d'ailleurs dans un schéma départemental de traitement des OM : les Vosges ont besoin d'une nouvelle installation de stockage des déchets non dangereux (ISDND, autrefois on disait centre de stockage des déchets ultimes, CSDU). Le texte ne précise pas sa localisation et n'évoque pas une quelconque «importation» de déchets.

95.000 t/an

Une société privée, Villers Services (lire par ailleurs) a révélé son projet, articulé autour d'un concept, baptisé «Trienersys», et indiqué que le site de la Fennecière à Robécourt, aux portes de la Haute-Marne, l'intéressait. «Nous avons identifié le besoin, soit 95.000 tonnes /an.
Robécourt se situe pas loin de Damblain et de la sortie d'autoroute Bourmont-Lamarche, et fait partie des sites potentiels que nous avons retenus dans les Vosges.Mais il n'est pas le seul!», annonce René-Jean Lépine, chargé de développement chez Villers Services.
 
Silence radio sur le sujet des autres emplacements.
 
On peut annoncer que le futur ISDND vosgien ne s'accrochera pas à la montagne pour d'évidentes raisons.
«Le critère numéro 1, c'est d'abord l'analyse de la situation géologique et hydrogéologique du sous-sol. Ses performances naturelles doivent assurer la protection de la ressource en eau. Tous les terrains ne peuvent pas accueillir une installation de ce type», avance Jean-Michel Vraux. Ce qui sans dire va encore mieux en le rappelant. «Et nous ne sommes pas tout seuls sur le coup», ajoute le directeur de l'exploitation chez Villers Services... Faut-il raviver les oppositions en évoquant le cas de Rugney et d'Escles? 

15 hectares au moins

La société de Villers-Cotterets prévoit la mise en oeuvre d'un «Ecopole» capable de prendre en compte à la fois la matière à recycler et une valorisation énergétique. Concept qui marie des installations techniques (dont la chaîne de tri) sur 6.000 m2 et des alvéoles, le tout entouré d'une bande d'isolation obligatoire de 200 m. «On a besoin de quinze hectares de potentiel d'enfouissement pour une installation qui doit fonctionner pendant 20 ans au moins», livre René-Jean Lépine. Ce dossier est «en cours de finition». Avant toute chose, l'administration doit d'abord étudier sa recevabilité...

Une affaire familiale

Sur un marché occupé par deux majors, Véolia et Sita, Villers Services, société à capitaux familiaux, fait figure de Petit poucet avec ses 75 employés répartis dans plusieurs filiales. Dans les Vosges, on lui doit la mise en forme du centre d'enfouissement de Ménarmont (cédé à Sita), le centre de tri de Vaudoncourt Villers Service confie toutes les études de flore et de faune au cabinet d'un certain Antoine Wechter, ancien leader de Génération Ecologie.«Si on veut subsister dans ce métier, il faut innover, prendre de l'avance», remarque René-Jean Lépine. Villers Services a développé son système Trienersys en combinant à la fois la sélection de matériaux à fort pouvoir calorifique (bois, cartons et plastiques mélangés) et de matériaux (conditionnés en balles) dont les qualités les destinent à la valorisation, bois, cartons, plastiques et métaux bien identifiés. Ne subsistent alors que les déchets ultimes, qui doivent être enfouis.

" Robécourt inadapté "

L'association Accid répond à Jean-Michel Collard de Villers Services (le fait du jour de jeudi 25) et écrit que «Robécourt est un site d'enfouissement par défaut». Le président d'Accid, Eric Valtot, rappelle que «les études du Bureau de recherches géologiques et minières de 2001 indiquent que Robécourt est une zone totalement inadaptée pour recevoir un CSDU. De plus, une étude hydrologique de 2006 montre les dangers liés à la proximité directe d'un éventuel centre d'enfouissement avec le périmètre de protection des sources de Vittel et Contrexéville, qui s'arrête à quelques centaines de mètres, avec les forages en eau potable des communes de Sauville et de la plupart des villages de la région et avec le Mouzon et l'Anger qui se jettent dans la Meuse à Neufchâteau». Accid continue à militer pour que le projet «ne se fasse ni à Robécourt, ni ailleurs, mais autrement».

G.M. (Gérard MOUGIN)

Commenter cet article