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Publié par P. GEORGE

Marc Hauter maintient le suspense




Marc Hauter prétend n'avoir encore rien décidé avec ses deux frères, Claude et Jean.


Vendra, vendra pas ? Marc Hauter ne sait toujours pas. Il réfléchit encore et ne se « fixe pas de délai » quant à savoir s'il cédera ou non la ferme du Schwabenhof à Villers-services. La société, implantée à Villers-Cotterets (Aisne), projette de transformer les 95 ha de terres en une installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND).


Un mois déjà qu'il consulte, s'informe, se documente. Il a même visité une usine de traitement de déchets en Allemagne.


« J'ai pris la responsabilité d'étudier ce projet »


Un mois déjà qu'il s'attire les foudres des citoyens, du monde associatif et des élus. Un mois déjà qu'il réfléchit au projet d'implantation d'une décharge sur ses 95 ha de terres. Vendra, vendra pas ? Marc Hauter, propriétaire à part égale avec ses deux frères (Claude et Jean) de la ferme du Schwabenhof, n'a pas encore tranché : « Je suis toujours en train d'étudier le dossier. »  Aujourd'hui, à tête reposée, il tient cependant à mettre les choses au point. D'abord, il juge « très alarmantes » les informations rendues publiques « au sujet d'une mégadécharge ».  Des propos disproportionnés, selon le fermier, tout comme les intentions qui lui sont prêtées : « contrairement à ce qui a été dit, depuis que j'ai été informé de ce projet, j'ai agi en toute transparence en contactant les pouvoirs publics concernés : conseil général, préfecture... »  Marc Hauter regrette d'ailleurs que les collectivités territoriales et l'État n'aient pas pris le sujet à bras-le-corps en amont. « Le fait d'avoir pris la responsabilité d'étudier ce projet a amené les responsables au plus haut niveau à considérer ce problème. Maintenant, ils sont mis au courant et doivent faire avancer le dossier au niveau du débat public. »  Un débat pollué par des attaques personnelles diffusées sur la toile et des phrases orientées, peintes sur le bitume durant la nuit, à proximité du site incriminé. Même s'il « ne s'y attendait pas trop », le propriétaire de la ferme du Schwabenhof ne se montre « pas tout à fait étonné » : « je suis présenté comme une personne ayant, à 58 ans, trahi tous ses idéaux », déplore-t-il. « J'ai conscience de la très grande hostilité des gens. Mais des sites internet diffusant des insultes, de même que certaines inscriptions sur la voie publique, déshonorent ceux qui les écrivent ; ces débordements sont idiots. »


« Le chemin de la honte »


 « Le chemin de la honte », accompagné de têtes de mort, est indiqué de l'entrée de Schalbach jusqu'à l'exploitation agricole et même un peu plus loin en descendant vers Hirschland ; dans le sens inverse également.  Au départ du chemin caillouteux qui mène à la ferme : « Dieu te voit ». La religion s'immisce dans le débat. Marc Hauter s'indigne propos d'une célébration à l'initiative des protestants, dimanche prochain à 17 h au stade d'Hirschland : « je trouve que l'Église a agi à la légère ».  L'agriculteur préfère concentrer son énergie sur les faits : « Si notre propriété fait effectivement 95 ha, compte-tenu des lois en vigueur qui imposent une surface de terrains neutralisés autour d'un tel site, le nombre d'hectares disponibles pour le stockage se limite à 28 au maximum. » Il considère donc qu'Hirschland ne serait pas la plus grande décharge de France.


« Pas nécessairement une saloperie »

Deuxième précision : « le projet consisterait à implanter une installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND) ». Pour résumer, « il s'agit d'un centre de traitement de déchets ménagers et assimilés, de valorisation sous forme d'énergie utilisable et de stockage des déchets résiduels. » Les quatre lettres, CSDU (Centre de stockage de déchets ultimes), ne seraient donc plus d'actualité.

« Hors de question de ramasser des millions d'euros pour nuire à quelqu'un »

« Le traitement des déchets n'aboutit pas nécessairement à une saloperie », poursuit Marc Hauter, « il peut être réalisé dans des conditions sécurisées ».  Mais quel est l'élément qui déclencherait chez le fermier la volonté de ne pas vendre ses terres à Villers-services ? Après un bref instant d'hésitation, il livre deux arguments : « des incidences graves sur les eaux souterraines et la dévalorisation du prix des habitations ». Dans tous les cas, pas les multiples pancartes sur lesquelles figure l'expression « plus grande décharge de France ».  « Hors de question », pour Marc Hauter, « de ramasser des millions d'euros pour nuire à quelqu'un. Pour toutes les personnes sincèrement inquiètes, il est évident que l'État ne peut pas autoriser des opérations qui nuiraient sérieusement à la population. Il serait bon que les pouvoirs publics rassurent les habitants quant à leur sécurité. »  Aujourd'hui, un mois après la révélation du projet d'implantation d'une décharge à Hirschland, Marc Hauter estime qu'il lui reste encore « 10 ou 15 % d'amis » dans le village au lieu de « 80 % » il y a encore quelques semaines. Mais cette cote de désamour en croissance exponentielle n'infléchira pas son choix : « nous n'avons pas encore arrêté de position commune », confie Marc Hauter, au nom de ses deux autres frères, Claude et Jean. « La solution ne peut être trouvée que par une réflexion sérieuse et objective. Nous n'avons pas fixé de délai. Tant que nous ne serons pas convaincus de la décision, nous ne la prendrons pas. » Wait and see...


Dossier de Julien Delattre (DNA)

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