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Association ACCID

ACCID est une association loi 1901 qui a pour but de s'opposer à l'implantation d'un Centre de Stockage de Déchets Ultimes ou à tout autre type de décharge ou de stockages contrôlés

Rebondissement au Balançan, Pizzorno ferme la décharge pour 6 mois

Pizzorno ferme la décharge de Balançan pour six mois et met la pression sur l'Etat


Près de 500 tonnes d'ordures sont enfouies chaque jour au Balançan. : Photo DR

Pour une surprise, c'est une surprise. Rien ne laissait présager que l'imposant site d'enfouissement des ordures ménagères, au Balançan, dans la plaine des Maures, allait fermer ses portes, sans doute dès lundi. Même si cette suspension d'exploitation est provisoire - environ six mois tout de même - elle ne va pas manquer de poser de sérieux problèmes aux 93 communes varoises (sur 153) qui amènent quotidiennement leurs déchets dans ce site ouvert depuis 30 ans.

Les quelque 500 tonnes d'ordures enfouies chaque jour (le double en saison estivale) au Balançan devront en effet parcourir, en camions, un nombre non négligeable de kilomètres supplémentaires pour être enterrées, soit au centre de stockage des déchets à Bagnols-en-Forêt, à l'Est du Var, soit à l'Ouest, à Pierrefeu. Deux sites où seront répartis à égalité les déchets.

« Le piège se referme »

« C'est la démonstration grandeur nature de notre discours » - autrement dit, la preuve irréfutable que le Balançan a une situation géographique centrale incomparable -, glisse Lionel Patrier, directeur du développement chez Pizzorno Environnement. Groupe qui gère les trois centres de stockages (Balançan, Pierrefeu et Bagnols).

Bien au contraire, « on va démontrer qu'on peut vivre sans Balançan, ce tas d'ordures monstrueux qui défigure la plaine des Maures. Le piège se referme. J'espère que Balançan ne rouvrira plus jamais », rétorque Jean-Luc Longour, maire du Cannet-des-Maures, vieil opposant à cette décharge située sur son territoire.

C'est d'ailleurs l'action de cet élu obstiné qui a entraîné l'imbroglio juridique actuel. À peine élu au printemps, M. Longour bloque en effet l'extension du Balançan, refusant de modifier son plan d'urbanisme. Coincé, Pizzorno ne peut plus accepter d'ordures sur ses terrains saturés. Après un bras de fer avec la préfecture, l'entreprise obtient une prolongation d'exploitation pour 5 ans sur un nouveau terrain. Et surtout, le préfet s'engage à prendre un PIG (plan d'intérêt général) passant par-dessus le refus du maire du Cannet.

« Le coup de la surprise »

« Aujourd'hui, le casier sur lequel nous devons nous étendre est prêt. Tout est nickel. Mais nous n'avons pas l'autorisation pour continuer. En attendant ce PIG, nous mettrons donc les ordures ailleurs », explique Lionel Patrie, renvoyant en filigrane la responsabilité de cette situation à l'État.

La version du préfet est différente. « M. Pizzorno sait que pour un PIG, il faut un an au minimum. Qu'il ne nous joue donc pas le coup de la surprise. La vérité, c'est qu'il nous a demandé d'exploiter ce nouveau casier sans autorisation. Nous avons refusé », réplique Jacques Laisné. « Nous ne sommes pas hostiles à ce qu'en attendant le PIG, les déchets du Balançan soient répartis à Pierrefeu et Bagnols », précise-t-il. Mais cela « après des études environnementales sur chaque site, afin d'évaluer les incidences de ce surcroît de déchets. Nous attendons encore ces études ». Et si ces documents ne sont pas établis la semaine prochaine ? « Le chantage n'a pas lieu d'être. Ce n'est pas une façon de gérer. Pas plus que la politique du fait accompli », tranche Jacques Laisné.

Qui, enfin, paiera le surcoût de transport des ordures ? L'usager via ses impôts locaux ? En tout cas, certainement pas nous, assure-t-on chez Pizzorno. « Les communes clientes peuvent faire respecter leurs contrats », suggère le préfet. Après la guerre des sites, celle des factures risque de faire rage.

Catherine Aubry - Var-Matin - 26/11/2008


Les déchets indésirables au Cannet-des-Maures


Le maire du Cannet s’oppose toujours à modifier le PLU pour autoriser l’extension du site. DR


Site du Balançan. Pizzorno n’a plus d’autorisation d’exploitation à partir de lundi. Le groupe propose de rediriger les déchets vers Bagnols et Pierrefeu.

Nouveau rebondissement dans le feuilleton du centre d’enfouissement des déchets du Balançan. Le Groupe Pizzorno Environnement, qui n’a plus d’autorisation pour déverser les déchets ultimes au Cannet-des-Maures à partir de lundi prochain, propose de les rediriger vers Bagnols-en-Forêt et Pierrefeu, en attendant que la procédure de PIG (Procédure d’intérêt général) lancée par le préfet aboutisse. Une solution que le représentant de l’Etat doit étudier. Il rencontrera d’ailleurs mardi les représentants du groupe. Mais le dossier est brûlant car Pizzorno annonce d’ores et déjà que cette « solution forcée » entraînera la mise au chômage partiel de 37 collaborateurs.

Le maire refuse l’extension

En fait, la cocotte boue depuis un moment. Face à la saturation du centre de Balançan où sont déversés les déchets de 93 communes varoises, le groupe avait en effet demandé une extension – avec la création d’un quatrième « casier », c’est-à-dire un puits d’enfouissement – au Cannet-des-Maures. Mais le maire, Jean-Luc Longour, qui a fait campagne contre ce projet, refuse de modifier le Plan local d’urbanisme. Une démarche administrative nécessaire pour que le Préfet puisse entériner l’extension.

L’affaire du Balançan avait déjà fait parler d’elle en juin dernier avec une manifestation des salariés de Pizzorno qui dénonçaient l’attitude du maire. En août, la riposte a été organisée par un collectif qui rejoint le maire sur ses positions, plaidant pour une « territorialisation de la gestion des déchets ». Aujourd’hui, c’est le blocage total. Pizzorno ne peut plus exploiter le site, et même si le préfet passe outre l’avis du maire du Cannet avec la procédure d’intérêt

général, celle-ci n’aboutira pas avant juin 2009. C’est pourquoi Pizzorno propose de basculer les déchets vers Bagnols et Pierrefeu, en attendant de pouvoir récupérer ses autorisations. 50.000 tonnes de déchets devraient être acheminés dans chaque site. Du côté de la Préfecture, on affirme qu’ « il n’y a pas d’opposition à cette solution à condition que cela soit techniquement possible et que cela se fasse dans le respect de l’environnement ».

Les salariés inquiets

Les salariés du site du Balançan sont dans l’inquiétude. Selon Christian Mounier, délégué CFTC, ils sont solidaires de la direction pour ce qui est d’imputer au maire du Cannet la mise au chômage technique de 37 collaborateurs. « La précédente municipalité n’était pas contre l’extension. Mais avec le nouveau maire, on se retrouve dans une situation de blocage. Il s’obstine par principe mais cela n’apporte rien à ses administrés. Aujourd’hui, des personnels sont mis au chômage technique : cela veut dire 45% du salaire net. Si cela doit durer six mois, les personnels vont exploser », souligne-t-il. Regrettant que la direction n’ait pas associé les salariés plus tôt dans la proposition d’une solution alternative, Christian Mounier estime cependant qu’« il n’y a pas d’autres solutions que de rediriger les déchets vers Bagnols et Pierrefeu. Car sinon, où iraient-il ? ». Quant au maire du Cannet, en déplacement à Paris hier, il est resté injoignable.

La Marseillaise - MARIELLE VALMALETTE - 28/11/2008


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