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Publié par ACCID

La société Villers Services, porteuse du projet de CET à Saint-Crépin, n'a plus donné signe de vie depuis le mois d'avril 2008. Est-elle toujours sur le coup ou a-t-elle lâché l'affaire ?

Notre dernier contact avec la société Villers Services remonte au mois d'avril 2008 quand son chargé de mission, Michel Correnoz, nous avait expliqué les tenants et aboutissants du projet de sa société. Joint par téléphone mardi 3 mars 2009, il explique le gel du projet.

CET : Quelles nouvelles de Villers Services ?


Michel Correnoz : La situation n'a pas évolué depuis le printemps 2008. Nous attendons que la situation se décante au niveau politique. Nous attendons qu'il se dégage une volonté de faire quelque chose dans ce département. Ce qui ne semble pas si évident pour l'instant.

Le Conseil général et la préfecture relancent quand même le schéma départemental.

Michel Correnoz
: Oui, effectivement. Je pense que c'est un préalable à ce qu'une action quelconque redémarre. Mais ça fait très longtemps qu'ils doivent le reprendre ce schéma. Ça va prendre du temps cette affaire, donc je ne pense pas qu'il se passera grand-chose dans les années à venir.

Villers Services reste-t-elle candidate sur ce projet, malgré la longueur de la procédure ?

Michel Correnoz
: Oui, bien sûr. Disons que nous avons figé notre projet. Il est gelé tant que ça n'évolue pas au niveau du département. C'est un peu décevant pour nous, mais il nous faut être patients.

Le compromis de vente des 40 hectares à Saint-Crépin est-il toujours valide ?

Michel Correnoz : Je suppose. Je ne m'occupe pas du foncier dans ce projet, mais j'imagine que l'engagement porte sur une certaine durée étant entendu que ce genre de projet met longtemps à se réaliser.

Article rédigé par :
Jean-Philippe BEQUET


Saint-Crépin dit Non au CET

Le dossier du Centre d'enfouissement technique nord Charente-Maritime refait régulièrement surface, dans l'actualité et dans la géographie du département. Lundi 24 février, la Sauge (Sauvegarde de la vie des pays de Gères, Devise et Boutonne) réunissait ses membres pour se mettre en ordre de bataille contre la menace qui plane de voir le CET s'installer sur la commune de Saint-Crépin.


10 ans après le début de 'l'affaire Bastière', la Sauge reprend du service !

1999, l'association 'Sauvegarde de la vie des pays de Gères, Devise et Boutonne' se constitue pour repousser le projet de Centre d'enfouissement technique porté par la société Nicollin, sur le site remarquable des bois de La Bastière, sur la commune de Genouillé.

Après le recalage définitif du projet en 2008, l'association se met en sommeil et prend un repos bien mérité.
2009, le repos aura été de courte durée. La voilà contrainte de reprendre du service, car à quelques kilomètres de La Bastière, le projet de CET rebondit à Saint-Crépin, sur les terres d'un agriculteur qui se sépare d'une quarantaine d'hectares. Le porteur du projet est encore un privé, la société Villers Services.

Une première réunion publique d'information de la population a lieu le 29 mai 2008 dans une salle des fêtes de Saint-Crépin archi-comble. Bastière/Saint-Crépin, même combat, même exaspération d'une population et de ses élus qui en ont plus que marre d'être si peu considérés par ces grands centres urbains qui ne leur trouvent d'intérêt que dans l'enfouissement de leurs déchets.

Pourquoi pas St-Crépin ?

Christian Charrier, qui a repris la présidence de la Sauge, entend organiser la défense avant même que l'attaque soit clairement formulée. Car, pour l'instant, rien ne désigne formellement le site du Grand-Ormeau, à Saint-Crépin, comme futur site retenu pour le CET. Des présomptions planent en raison de l'intérêt que porte à ce site la société Villers Services, essentiellement motivée par l'opportunité foncière qui s'y présente. Quarante hectares immédiatement disponibles, avec une option sur quarante autres, ça ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval, ni sous le pneu d'un camion benne.

Les plus optimistes rapportent que le site présente assez de tares rédhibitoires et jugent la démarche de Villers Services sans avenir puisque ses émissaires n'auraient pas consulté les documents d'urbanisme de la commune, lesquels n'autorisent pas ce genre d'équipement sur ce genre de lieu.

Les plus pessimistes rappellent quant à eux que si le CET est déclaré d'intérêt public, les services de l'État pourront le localiser où ils le voudront, pourquoi pas à Saint-Crépin ?

Le dossier du CET nord 17 est plein de vraies questions, maintes fois posées, qui n'ont jamais reçu de vraies réponses.
Celle qui préoccupe en premier lieu les habitants de Saint-Crépin est : pourquoi Saint-Crépin ? Comme, 10 ans auparavant, on s'est demandé : pourquoi La Bastière ?

Deux questions, deux réponses : «Ni le Conseil général, ni le préfet n'ont voulu prendre la décision de désigner un site pour l'implantation de ce CET, expliquait Marc Duchez, lors de la réunion publique du 29 mai, à Saint-Crépin. Parce que c'est un sujet très chaud, alors ils espèrent qu'un industriel va prendre le bébé en charge. Ça les arrange... Ça leur enlève une sacrée épine du pied». Quant à savoir pourquoi Saint-Crépin et La Bastière, c'est tout simplement parce que s'y sont présentées des opportunités foncières - rares au regard des exigences de ce type d'équipement - que des industriels opportunistes ont su dénicher. Il n'y a donc pas de volonté publique de désigner ces coins reculés de la campagne pour y enfouir les déchets des grandes villes, mais que des industriels le fassent à la place de ceux dont ce serait la responsabilité arrange tout le monde. Le problème sera réglé et c'est l'industriel qui passera pour le grand méchant loup. «C'est tout bénef... surtout en période électorale.»

Un sacré bâton merdeux

Il semble cependant que quelque chose remue dans les poubelles du département. Il y a d'abord cette déclaration du préfet, Henri Masse, qui annonçait, en janvier dernier, la reprise du travail sur le schéma départemental d'élimination des déchets. Ce schéma établi en 1996, retoqué par le ministère de l'Environnement, et dont l'équipe de Claude Belot n'a jamais revu la copie. André Boutteaud, ancien maire de Vandré n'hésitait pas à qualifier cette attitude du Conseil général «d'abandon de compétence et de responsabilité.»

Autres temps, autres moeurs, la nouvelle présidence du Conseil général a décidé de prendre le taureau par les cornes, même s'il apparaît dans les textes de loi que la définition du schéma départemental d'élimination des déchets du département est désormais du ressort de l'État. L'article 48 de la loi n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales, stipule que les plans en cours de révision au 17 août 2004 demeurent de la compétence de l'État. Ce qui est le cas en Charente-Maritime. «Donc, c'est l'État !», lancent en coeur Catherine Quéré et Bernard Rochet à qui les membres de la Sauge demandaient qui doit mettre les mains dans la poubelle. Bernard Rochet rappelait ensuite la délibération du Conseil général en date du vendredi 20 février 2009, de «relancer aux côtés de l'État, qui demeurera maître d'ouvrage, l'élaboration d'un nouveau Schéma départemental d'élimination des ordures ménagères et assimilées en liaison avec les collectivités compétentes.»

Une action conjointe État/département/collectivités est donc bien relancée pour que soit enfin définie la politique départementale de gestion des déchets, mais de là à savoir où sera installé le CET nord 17, tous ont encore un gros travail de concertation devant eux. Les uns prônent la proximité avec les grands centres producteurs de déchets : les agglos rochelaises et rochefortaises, l'île de Ré en période estivale ; les autres entendent profiter des opportunités foncières qu'offrira l'autoroute A831. Ainsi casé près d'un grand axe, on réglerait le problème du flux des camions (120 à 150/jour) qui nécessite un réseau routier apte à le supporter. À ce sujet, on a un temps parlé du projet de zone de stockage et de transit de l'arrière-port de la Pallice qui pourrait être construite au niveau du camp américain de Croix-Chapeau. Hypothèse... Les Deux-Sèvres ayant le même problème de gestion de leurs déchets, on évoque aussi la possibilité d'un travail commun sur un CET interdépartemental. Hypothèse bis... Mais s'il est une chose dont Bernard Rochet est convaincu, c'est bien de la nécessité d'une gestion et d'une maîtrise publique de l'outil, où qu'il sera implanté. «Je me battrais tant que je serai conseiller général pour que ce soit une collectivité qui soit maître d'ouvrage de l'équipement, qu'on le donne à gérer à ceux dont c'est le métier, parce que nous, on ne sait pas faire, plutôt que ce soit un privé qui s'installe. Contrairement à Claude Belot, il faut reconnaître à Dominique Bussereau d'avoir accepté que le Conseil général participe auprès de l'État et avec les organismes de la collecte et du traitement, à l'élaboration d'un nouveau schéma de gestion des déchets, alors que c'est un sacré bâton merdeux».

Quand le préfet disait que cette affaire ne traînerait pas en longueur, on peut espérer le bouclage du nouveau schéma dans les 2 à 3 ans. À ce moment-là seulement on saura quelle commune hébergera le CET.

150 000 €/an qui donnent à réfléchir

Se présentant comme un petit Poucet bien fragile face à l'ogre administratif, Saint-Crépin et ses 243 habitants espèrent recevoir le soutien de la CDC du Val de Trézence, de la Boutonne à La Devise, elle-même la plus petite du département (3 735 habitants répartis sur 12 communes). Tous s'étant battus bec et ongle contre le projet Nicollin de La Bastière, ce soutien devrait être tacite. Mais, il n'a pas échappé aux membres de la Sauge que l'on parle sérieusement de rapprochement avec la CDC de Saint-Jean-d'Angély au sein d'une super-collectivité et l'on ne sait actuellement quelle pourrait être la position des Angériens, plus éloignés du problème et des éventuelles nuisances. On évoque aussi la taxe professionnelle générée par le CET tel qu'il a été pensé par Villers Services : 1,50 € la tonne de déchets x 100 000 tonnes annuelles = 150 000 €/an pour les caisses de la collectivité dans laquelle s'insérera le bourg de Saint-Crépin.
Une position claire va être prochainement demandée à chacun des élus des deux CDC.

Si les craintes des habitants et des élus de Saint-Crépin sont légitimes, la commune présente cependant quelques arguments devant lesquels les services de l'État ne pourront rester insensibles. La géologie est mauvaise, le risque est trop grand de voir d'éventuels écoulements gagner le cours d'eau local, la Chassieuse, qui rejoint la Boutonne, qui rejoint la Charente, qui rejoint les zones ostréicoles. La CDC est, de surcroît classée Zone de revitalisation rurale (ZRR) donc reconnue fragile par les services de l'État. Enfin, dernier atout que peut abattre Saint-Crépin : la coopérative agricole de Tonnay-Boutonne.

Bernard Rochet, qui ne manque pas d'idées sur ce sujet du CET prône quant à lui la solution du rail pour l'acheminement des déchets des lieux de production vers l'unité de traitement et privilégie l'axe La Rochelle/Niort.
L'avenir nous dira si cet homme est visionnaire, tout au moins clairvoyant quant à la gestion future de nos déchets.
Étant entendu que si nous en produisions moins, la question se poserait quand même, certes, mais en d'autres termes.

Article rédigé par :
Jean-Philippe BEQUET

CHARENTE MARITIME - LA ROCHELLE, mercredi 25 février 2009
Charente-Maritime

SAINT-CRÉPIN Les opposants au projet de centre d'enfouissement technique semblent rassurés
Les déchets iront se faire enfouir ailleurs

Le dossier s'éloigne du canton

Lundi, les membres de l'Association de sauvegarde de la vie des pays de Gere, Devise et Boutonne, plus connue dans le canton de Tonnay-Boutonne sous le nom de Sauge, se sont retrouvés à la mairie de Saint-Crépin pour évoquer le dossier brûlant du projet de centre d'enfouissement technique des déchets dans la commune.

120 à 150 camions par jour

Ayant rappelé la situation initiale, Christian Charrier, président de la Sauge, mena les échanges et débats. Il rappela que ce projet de site d'enfouissement de déchets industriels banals classe 2 concernerait 100 000 tonnes de déchets par an et 120 à 150 camions par jour au minimum. Depuis que l'on sait qu'il passe, à Saint-Crépin, sur cette départementale 114, 800 véhicules par jour dont 60 camions, on devine aisément l'importance et les nuisances du trafic.

La terre choisie pour ce centre d'enfouissement technique est une terre agricole dont les eaux vont dans la Chassieuse qui rejoint la Boutonne qui, elle, se mêle à la Charente. « À terme, c'est donc le bassin ostréicole qui en pâtira », souligne Philippe Jouve, maire d'Annezay.

Joseph Gaborit, conseiller général, fait remarquer que « les déchets doivent être éliminés au plus près des zones de production ».

L'option nord


« Oui, ou plus loin si les terres manquent mais en utilisant les voies ferrées eu égard à la directive Carbone et aux normes écologiques », rétorque le conseiller général Bernard Rochet.

Chacun évoque le tracé de la future autoroute Fontenay-le-Comte - Rochefort. Tous voient là une opportunité de trouver, sur son parcours, l'emplacement qui manque au nord du département pour enfouir les déchets ultimes. Car il faudra bien trouver un lieu. Le site de Clérac sera comble dans la prochaine décennie et il en faudra un second au sud. Et que représentent 40 petits hectares, et même 100, disponibles dans la zone de Saint-Crépin par rapport aux besoins énormes du nord ?

Pas de nouvelles

Quant à la société Villers Services qui portait le projet, elle ne s'est pas manifestée depuis l'été.

Tous quittent la réunion rassurés et forts d'une certitude : le projet ne se fera pas compte tenu des circonstances et de la loi en vigueur. Jamais un privé ne sera maître d'oeuvre à la place d'une collectivité et la création d'une entité publique est nécessaire pour la réalisation d'un tel projet. Or, les élus font corps contre le dossier.

© 2009 Sud Ouest. Tous droits réservés.


A Saint-Crépin on ne veut pas de ce type de structure sur la commune.

Les chiffres et les mots clés du projet


Dans l'état actuel, on ne connaît que les projets de Villers Services qui portent sur l'entrée sur le site de 100 000 tonnes de déchets et de la sortie de 75 000 tonnes après tri, qui occasionneraient la rotation quotidienne de 120 à 150 camions. Les matières sont de types déchets industriels banals (Dib) de classe 2, donc des matières inertes qui ne produisent ni émanations, ni lixivia. Mais comme le précise Marc Duchez, président de la CDC de Tonnay-Boutonne et maire de Genouillé : «À ce type de projet est toujours accolée la possibilité de recevoir des déchets ménagers pour pallier d'éventuels problèmes dans les incinérateurs alentours. Si un incinérateur ne peut plus brûler ses déchets ménagers et que les autres ne peuvent les traiter, c'est le CET qui les reçoit par décision préfectorale.»

C'est là que le bât blesse le plus. Si les déchets industriels banals de classe 2 sont effectivement inertes, les déchets ménagers poursuivent leur vie en produisant des gaz, des odeurs et des écoulements. Les techniques de traitement ont évolué depuis l'installation du CET de Clérac, dans le sud du département, mais le risque demeure de voir des lixivia (écoulements) s'échapper et gagner la nappe et les voies d'eau.

Pour les Dib, Villers Services a prévu un enfouissement temporaire. Les matières seraient enrubannées de plastique, enfouies dans une immense fosse et pourraient être exhumées plus tard pour servir de combustible à certaines industries, notamment les cimenteries. Seul problème : cette technologie de recyclage des Dib n'existe pas encore en France.

Article rédigé par :
Jean-Philippe BEQUET

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