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Publié par ACCID

L'incertitude pèse toujours sur l'avenir du site de Grisolles en raison d'une décision du tribunal administratif, mais les délégués de Valor'Aisne ont voté la poursuite des travaux.


Hier lors de la réunion du comité syndical de Valor'Aisne à la Chambre de Métiers d'Urcel.

LE SYNDICAT Valor'Aisne a voté, hier, à mains levées, à la Chambre de métiers de l'Aisne, à Urcel, par 53 voix pour la poursuite des travaux du centre d'enfouissement de déchets à Grisolles.

Six délégués, qui avaient rédigé une lettre ouverte s'opposant à cette décision, ont recueilli vingt voix. L'un d'eux, Étienne Hay, maire d'Epaux-Bézu, réclamant un arrêt temporaire « pour y voir plus clair » n'a donc pas été entendu.
Les pelleteuses continuent leurs rondes.

Guerre de tranchées

La position de Thierry Lefèvre, président de Valor'Aisne, semble pour l'instant renforcée, mais de grandes incertitudes pèsent sur l'avenir du site.

Tout le monde en convient. Une condamnation de l'ancien maire de Grisolles pour prise illégale d'intérêts et, surtout, un jugement du tribunal administratif d'Amiens annulant l'acquisition du terrain contribuent à motiver des interprétations contradictoires.

Dans ce feuilleton qui promet encore bien des rebondissements, l'opposition n'est pas politique entre la droite et la gauche. C'est une guerre de tranchées plutôt que géographique.

Des riverains et des communes n'apprécient visiblement pas ce voisinage à venir. L'intervention du maire de Rocourt-Saint-Martin est révélatrice de cet état d'esprit. « Si le centre se fait, nous allons voir passer les camions et nous n'allons récolter aucun bénéfice. » Il s'inquiète aussi en cas d'inondations des conséquences sur l'environnement.
Valor'Aisne va désormais se livrer à une manœuvre insolite. Le syndicat fait appel de la décision du tribunal administratif auprès de la cour d'appel de Douai.
Il est obligé de négocier à nouveau avec le vendeur pour acheter le terrain qui… lui appartient toujours (NB : c'est Villers Services, le vendeur !!!!)

L'issue des tractations à mener est impossible à prévoir. D'autres acheteurs peuvent se présenter, le vendeur a le droit de refuser de céder le bien…

En tout cas, la décision de poursuivre les travaux est sans nul doute guidée par des considérations économiques. Thierry Lefèvre a énuméré, au tableau, les sommes en jeu. Elles sont considérables. Le chantier a déjà coûté près de cinq millions d'euros pour l'acquisition des terrains, les études et le début des travaux. Six millions d'euros sont déjà engagés. En cas d'interruption, il aurait fallu payer un gardiennage, 150 000 euros par an et encore la même somme pour remettre en état le site laissé à l'abandon.

Certains y verront une fuite en avant. D'autant plus que de farouches avocats de la création d'un centre d'enfouissement de Grisolles y sont favorables, car ils résident à l'autre bout du département.

Il y a aussi l'hypothèse parfaitement plausible que la justice condamne définitivement la vente. Toutes les sommes dépensées l'auront alors été pour rien.

Grisolles reste une épine dans le pied du conseil général. Un jour, elle pourrait l'empêcher de marcher.

Thierry de LESTANG PARADE
L'Union - 21/06/2009

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