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Publié par ACCID

Bar-le-Duc : le tiroir caisse du nucléaire

Les fonds liés à l’implantation du laboratoire de recherches de Bure vont financer 35% des travaux de réhabilitation du centre-ville, 30% de la construction de la nouvelle gare routière et 40% des deux prochaines édition du festival RenaissanceS.

Confronté à la suppression de nombreux services décentralisés de l'Etat et à des recettes en berne, le chef-lieu du département de la Meuse va largement profiter des fonds de la filière nucléaire dans les années à venir. Le groupement d'intérêt public (GIP) qui gère les fonds dits d'accompagnement du laboratoire de l'Andra  implanté à Bure, aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne, financera en effet 35% de la première phase du programme de réhabilitation complet du centre-ville de Bar-le-Duc, soit environ 1.250.000 euros, dès l’an prochain. Il participera au financement de la construction d'une gare multimodale sur le site de l'actuelle gare ferroviaire à hauteur de 30,5%, soit un peu plus de 1.150.000 euros, au cours des deux années à venir. Et il devrait accorder son soutien financier aux éditions 2010 et 2011 du festival RenaissanceS (théâtre de rue et musique ancienne) jusqu’à 40% du budget, soit 160.000 euros l’an prochain.

La cagnotte du GIP Objectif Meuse est alimentée par les opérateurs de la filière nucléaire (Areva, EDF et le commissariat à l’énergie atomique) ; elle est destinée à favoriser le développement économique du département dans la perspective de l’implantion d’un centre de stockage en sous-sol des déchets hautement radioactifs passera de 20 à 30 millions d’euros par an dès 2010.

Bar le Duc: l''aubaine du nucléaire

Elle ne boude pas son plaisir, Nelly Jaquet. La maire socialiste de Bar-le-Duc s'offre même l'audace de taquiner l'opposition en séance publique du conseil municipal : « Allez, félicitez-moi quand même... Un an de travail récompensé ! »
De quoi se réjouit-elle ? D'être parvenue à sauver au moins provisoirement le festival RenaissanceS et d'avoir obtenu des subventions pour financer les deux grands projets structurants initiés par ses prédécesseurs : la construction d'une gare multimodale sur le site de l'actuelle gare ferroviaire et la réhabilitation du centre-ville.

La maire peut dire merci au président UMP du conseil général de la Meuse, Christian Namy, qui a fait modifier les fiches d'action du GIP Objectif Meuse pour l'année 2010, afin de rendre les projets barisiens éligibles. « Nous avons tenu compte du caractère structurant de ces projets pour le département », précise Jean-Charles Bouchon, responsable de la mission d'assistance aux collectivités du conseil général, sans aller jusqu'à reconnaître que Bar-le-Duc a bénéficié d'une « exception de ville chef-lieu ». Ce dont Nelly Jaquet se félicite pourtant publiquement.
 

« Terrain miné »


Très concrètement, le GIP financera donc 35 % de la première phase du programme de réhabilitation du centre-ville dans le quartier Notre-Dame, soit environ 1.250.000 euros, dès l'an prochain, avant la rédaction d'un avenant pour le boulevard de la Rochelle en 2013. Il participera au financement de la construction de la gare multimodale à hauteur de 30,5 %, soit un peu plus de 1.150.000 euros, au cours des deux années à venir. Et il devrait accorder son soutien financier aux éditions 2010 et 2011 du festival RenaissanceS jusqu'à 40 % du budget, soit 160.000 euros l'an prochain. Autant de mesures qui seront officiellement validées par les instances du GIP le 20 décembre.

Au conseil municipal, à l'heure d'approuver le partenariat financier, l'opposition n'a pas manqué d'interpeller la majorité sur l'origine de ces millions qui ne tombent pas du ciel. « Je trouve que le GIP n'a pas de rancune ; parce que le GIP, c'est Bure... Ça ne vous pose pas de problème philosophique ? », a lancé Alain Hauet. « Ne nous emmenez pas sur ce terrain-là ; il est miné », a prévenu Nelly Jaquet dont la majorité compte un certain nombre d'antinucléaires. « Mais je me félicite que l'on profite de la situation ! », a répondu l'ancien premier adjoint UMP de Martine Huraut.

L'actuel adjoint écologiste aux finances, Didier Aynès, a préféré botter en touche plutôt que d'entrer dans un débat forcément délicat : « Ce n'est pas le lieu... Si vous voulez, on va aller boire une bière ensemble et on parlera de tout ça ! » Comme Maryline Menoux, adjointe écologiste à l'Environnement, il a voté en faveur du partenariat financier le GIP Objectif Meuse sans émettre de réserve.

ER - Baptiste BIZE

 

Le GIP, quèsaco ?

 

Le groupement d'intérêt public Objectif Meuse gère les fonds d'accompagnement du laboratoire de recherches souterrain de l'Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) implanté à Bure, dans le canton de Montiers-sur-Saulx. Alimentée par les opérateurs de la filière nucléaire (Areva, EDF et le commissariat à l'énergie atomique), cette cagnotte destinée à favoriser le développement économique du département, dans la perspective de la création d'un centre de stockage des déchets hautement radioactifs, passera de 20 à 30 millions d'euros par an dès 2010.

  

Bure et l'achat des consciences


Le chef de file de l'opposition de gauche, Daniel Lhuillier, est intervenu hier pour évoquer l'augmentation des fonds d'accompagnement du laboratoire de Bure versés au GIP Objectif Meuse. « Nous n'accepterions pas qu'ils constituent un quelconque achat des consciences et exigeons que la vigilance du conseil général sur le déploiement du projet d'enfouissement, par le CLIS notamment, soit aussi forte que son engagement pour obtenir des fonds de compensation », a-t-il estimé.

« Nous n'accepterions pas que ces fonds constituent une quelconque compensation à la dette de l'Etat envers notre département. Les propos du ministre Mercier à Bar-le-Duc lors des rencontres consacrées à la ruralité ne nous rassurent pas : celui-ci considère que les fonds de Bure sont accordés par l'Etat ! »

 

La Nation solidaire


Il n'a rien oublié. L'ancien député de la Meuse, Gérard Longuet, se souvient qu'il a dans une large mesure dû sa défaite à « un courant hostile au laboratoire » de Bure, lors des élections législatives de 1997. Désormais sénateur, il dit néanmoins se réjouir « que l'on se réjouisse des crédits du GIP ».

Sans rancune mais avec une pointe d'ironie, Gérard Longuet réagit ainsi à l'annonce du soutien massif du groupement chargé de distribuer les fonds d'accompagnement du laboratoire de l'Andra aux projets de la ville de Bar-le-Duc. « Je me félicite de la joie de Madame Jaquet qui, sans l'engagement de responsables comme Rémi Herment, Roger Dumez, Bertrand Pancher, Christian Namy et moi-même n'aurait pas été possible à ce jour », précise le patron de la fédération UMP de la Meuse. La maire socialiste du chef-lieu appréciera.

Au-delà de la mise au point politique, Gérard Longuet souhaite en finir avec l'idée que le GIP distribue les millions des opérateurs de la filière nucléaire que sont EDF, Areva et le commissariat à l'énergie atomique : « Désormais, une taxe est payée par tous les responsables d'installation nucléaire de base et en réalité, in fine par les clients d'EDF », insiste l'ancien ministre de l'Industrie. « C'est donc la nation qui est solidaire de la Meuse pour une somme qui, en effet à la demande de Jean-Louis Borloo et avec l'assentiment du parlement, passera de 20 à 30 millions par an dès 2010. »

Au passage, Gérard Longuet rappelle que les quatre parlementaires meusiens ont obtenu que la moitié des 10 millions supplémentaires soient affectés en priorité aux populations et aux collectivités du bassin de vie de Bure. « La victoire n'est jamais orpheline », ajoute-t-il en faisant remarquer que le conseil général qui dispose de la majorité du GIP « en a fait son outil » : « Les parlementaires sont informés, ils ne décident pas de l'utilisation. » La victoire n'est jamais orpheline, elle est parfois ingrate.

B. B. (Baptiste BIZE)

 

Bure et ses retombées financières


Le 17 décembre a eu lieu la réunion de la CCCO. Pour la clore, Roger Beauxerois a proposé à ses collègues qui l'ont adoptée à l'unanimité, une motion relative à la mise en œuvre des fonds d'accompagnement du laboratoire de Bure. « Une des vocations premières des fonds d'accompagnement du laboratoire est bien d'aider les territoires impactés par les développements actuels et prévisibles des travaux conduits par l'ANDRA dans le cadre de sa mission relative à la gestion des déchets nucléaires hautement radioactifs à vie longue. Eu égard aux études menées par l'ANDRA et validées par la Commission nationale d'évaluation, la perspective d'implantation d'un centre de stockage en couche souterraine profonde ne peut pas être écartée.

Cette perspective a d'ailleurs amené le gouvernement à revaloriser de manière significative la dotation financière du GIP et le conduira à se prononcer début 2010 sur la zone de localisation de la Zone d'intérêt pour des recherches approfondies (ZIRA).
Le territoire de la communauté de communes du centre Ornain n'est certes pas dans le périmètre dit de « proximité » du laboratoire de Bure mais il en est très proche et incontestablement il se situe dans le « périmètre porteur » du laboratoire, de la future ZIRA et peut-être du centre d'enfouissement », indique le conseiller général.

« Cette notion de « périmètre porteur » s'appuie sur le fait qu'il supporte des opérations connexes à ce chantier comme l'installation d'EDF à Velaines, qu'il sera amené à héberger et offrir des services de qualité aux personnes mobilisées par les travaux et le fonctionnement des installations à venir », développe Roger Beauxerois. Le « périmètre porteur » que constitue le territoire de la communauté de communes possède des atouts : un cadre de vie préservé, des services de qualité et des collectivités locales entreprenantes, engagées dans la redynamisation du territoire. Toutefois, il reste beaucoup à faire : améliorer les voies de communication, mettre en valeur le patrimoine local, aménager de nouvelles zones d'activité, développer l'habitat, créer de nouveaux équipements publics et des services.

« La communauté de communes du centre Ornain est donc en première ligne pour faire bénéficier le département de la Meuse des retombées économiques et démographiques liées à la gestion des déchets nucléaires. Pour jouer pleinement son rôle et relever les défis de demain, elle devra toutefois être impérativement intégrée dans la zone historique pour ce qui concerne la mise en œuvre des fonds d'accompagnement du laboratoire de Bure. D'autant plus qu'une péréquation de cette dotation est du ressort des décideurs locaux. »

Cette motion sera transmise au président du conseil général, aux parlementaires, au préfet et au ministère de l'Environnement.

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