Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Visiteurs

ACCID - Association loi 1901   Plus de 150 adhérents ... pour 2013

Publié par ACCID

reconnaissance zira

La reconnaissance sismique a débuté mardi en Meuse pour permettre de définir l'emplacement précis du futur centre de stockage souterrain de déchets radioactifs.


La reconnaissance sismique a débuté mardi en Meuse pour permettre de définir l'emplacement précis du futur centre de stockage souterrain de déchets radioactifs. Une armée de pick-up gris métallisé immatriculés en Allemagne a investi le secteur de Bure la semaine dernière.

Dans le jaune vif des champs de colza, des dizaines d'hommes portant des gilets de sécurité orange fluo s'activent pour dérouler des milliers de mètres de câbles et des centaines de capteurs appelés géophones. Le déploiement est spectaculaire.

Depuis mardi, la société DMT ausculte jusqu'à 1 000 mètres de profondeur le sous-sol de la zone d'intérêt pour la reconnaissance approfondie (ZIRA) sur le territoire des communes de Ribeaucourt, Bure, Bonnet et Mandres-en-Barrois. Coût de cette campagne de reconnaissances sismiques 3D commandée par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs : cinq millions d'euros.

"Il s'agit de la quatrième campagne de ce type menée dans le secteur depuis 1999", précise Georges Vigneron, chef du service géologie de l'Andra et coordinateur du projet de reconnaissance. À chaque fois, l'étau se resserre. Depuis la dernière campagne en deux dimensions, en 2007, la zone observée est passée de 250 km2 à 37 km2. Le maillage est surtout plus dense : le camion vibrateur qui envoie des trains d'ondes dans le sous-sol ne passe plus tous les trois kilomètres mais tous les 120 mètres.

À 500 mètres sous terre

À chacun des 15 500 tirs d'ondes programmés jusqu'au mois d'août, 1 440 capteurs enregistrent des signaux qui formeront une image en trois dimensions très précise de la zone étudiée. La technique permet en effet d'obtenir un quadrillage de dix mètres sur dix. Après la phase d'acquisition des données, à laquelle participent actuellement une centaine de salariés d'une dizaine de nationalités différentes, commencera celle de leur traitement et de leur interprétation que l'Andra a confiée à la société Fugro Géotechnique.

"L'analyse de toutes les informations recueillies sur le terrain représente un an et demi de travail", ajoute Georges Vigneron. À partir de fin 2011, l'Andra pourra donc déterminer l'emplacement exact des 15 km2 d'installations prévues dans les argilites du callovo-oxfordien, environ 500 mètres sous les parcs à vaches du plateau du Barrois. Et donc localiser les installations en surface : une zone de 225 ha à l'aplomb du centre de stockage souterrain des déchets radioactifs et une autre de 75 ha réservée à l'entreposage des colis nucléaires et à l'entrée du tunnel d'accès.

"À la limite, les informations dont nous disposions déjà sur le sous-sol de la zone étaient suffisantes, on sait qu'il n'y a pas de faille", souligne Marc-Antoine Martin, chargé de communication à l'Andra. "Mais nous avons voulu le vérifier et faire les choses de manière irréprochable." L'agence devrait donc faire des propositions au gouvernement avant le débat public prévu fin 2013 et le dépôt de la demande d'autorisation d'exploiter qui devrait intervenir deux ans plus tard.

Baptiste BIZE
Vosges Matin - 21 mai 2010


Dans la zone

Un "permitteur" recruté par l'Andra va à la rencontre des quelque 450 propriétaires de terrains et de parcelles de bois de la zone de 37 km2 depuis plusieurs semaines pour négocier avec eux les conditions de passage des engins et des équipes de la reconnaissance sismique en 3D. "Comme à chaque fois, un arrêté préfectoral a été pris pour les autoriser à pénétrer dans les propriétés publiques et privées mais c'est un dernier recours qui n'est jamais utilisé", précise l'Andra.

Les propriétaires des parcelles sont systématiquement indemnisés selon le barème de la chambre d'agriculture. Lors de la campagne de 2D de 2007, l'Andra a versé 80 000 euros d'indemnisations dans le secteur ; cette somme sera orcément dépassée cette année.

Le maire de Bonnet, opposé au projet, s'interroge sur la légalité des pratiques de l'Andra dont les équipes vont pénétrer dans des zones privées en dehors de la ZIRA pour faire de la reconnaissance en 2D le long de deux "antennes" depuis le forage d'Houdelaincourt et le laboratoire souterrain de Bure.

Les opposants au projet, à l'appel des "Vigilants de Gondrecourt et du canton", avec le soutien du Cedra, de la FéDé Grand Est Stop déchets nucléaires, protestent contre la manière dont la campagne de reconnaissance est menée. Ils donnent rendez-vous à la population ce samedi 22 mai à 14h devant la mairie de Mandres-en-Barrois, à côté de Bure, "contre l'enfouissement des déchets poisons nucléaires".

Commenter cet article