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Association ACCID

ACCID est une association loi 1901 qui a pour but de s'opposer à l'implantation d'un Centre de Stockage de Déchets Ultimes ou à tout autre type de décharge ou de stockages contrôlés

Colombey-les-Choiseul : la vraie méthanisation à la ferme opérationnelle.

Tout près de Robécourt, à Colombey-lès-Choiseul, un vrai projet de méthanisation à la ferme vient de voir le jour. Il nous semble que c'est le premier opérationnel en Haute-Marne. Il se situe juste à coté de la future base logistique de Damblain, à la ferme de la Givrée. Précisons-le tout de suite, il n'y a rien à voir entre ce projet à taille humaine et le projet "Robécourt2" présenté en juillet 2010 par l'entreprise Villers Services. Dans le cas de l'unité de méthanisation de Colombey-lès-Choiseul, seuls les déchets agricoles sont admis ainsi que certains déchets de l'industrie agro-alimentaire. Que des déchets fermentescibles, et ce,  pour seulement 4 000 t / an.

Dans le cas de Robécourt2, la méthanisation agricole ne serait qu'un paravent pour essayer de faire "passer" le reste des installations : une unité de méthanisation des ordures ménagères  (OM) en mélange, qui nécessitent donc un traitement industriel lourd du type TMB (presse extrudeuse), et dont nous savons que le digestat produit n'est guère exploitable, un centre de tri tout à fait inutile, et bien évidemment le centre d'enfouissement pour les déchets industriels (DIB), vraie source de rentabilité pour l'entreprise Villers Services. Le tout pour plus de 100 000 t/an.

Suivent plusieurs documents sur l'unité de méthanisation de Colombey avec un lien sur le site de la chambre d'agriculture de la Haute-Marne où le projet est très bien expliqué (avec de nombreuses photos).

Méthanisation : “Ça pète le feu”

La plus importante unité de méthanisation de Champagne-Ardenne produit ses premiers kilowatts d’électricité à Colombey-lès-Choiseul. Philippe Collin, du Gaec de Grivée, peut savourer l’instant, même s’il reste encore à affiner quelques points

 

philippe collin methanisation

 

Chaque jour, l’énorme estomac artificiel avale ses onze tonnes de matière fermentescible. Une ration quotidienne composée pour moitié de déchets issus de la ferme (lisier) et pour l’autre partie de déchets négociés avec des industriels. L’imposant silo qui abrite le digesteur a été alimenté à la mi-octobre et fin de ce même mois, les premiers mètres-cubes de gaz étaient produits. Aujourd’hui, 118 m3 de méthane sont produits chaque heure. Un gaz naturel issu de la fermentation entretenue dans le digesteur. Et ce gaz alimente un puissant moteur qui fait tourner une génératrice d’électricité. « Une semaine après avoir donné à manger au digesteur, le moteur tournait 24 heures sur 24 », se félicite Philippe Collin, cheville ouvrière de cette unité de méthanisation agricole. L’unité sera capable de produire de l’électricité pour l’équivalent de 600 foyers. Comme tout moteur, il génère de la chaleur qui est réutilisée selon le principe de cogénération. Une chaleur qui permet, par exemple, d’hygiéniser tous les déchets introduits dans le digesteur. Cela figure d’ailleurs comme un site avant-gardiste puisque seulement cinq unités de méthanisation en Europe “pasteurisent” leurs déchets avant fermentation. Cette précaution permet ainsi en aval d’obtenir des résidus de digestion (digestat) sans reproche. Les digestats liquides, riches en azote, seront utilisés comme engrais pour la ferme. « Je peux faire un épandage sans craindre les salmonelles », précise Philippe Collin. Dans un second temps, une autre partie de la chaleur est utilisée dans un séchoir pour les matières solides. Il s’agit essentiellement de cellulose, qui est actuellement utilisée pour le confort des animaux en logette, « cela remplace la sciure », fait remarquer Philippe Collin. Car dans l’avenir, Philippe Collin compte transformer ces matières solides en pellets pour chaudière.

Démarche globale

L’unité de Colombey-lès-Choiseul, la première du département, a ceci de particulier qu’elle a été raisonnée dans une démarche globale. Ainsi, la valorisation énergétique atteint déjà 66 % de rendement. « Nous pensons atteindre 75% à terme », affirme Philippe Collin. Les premiers kilowatts d’électricité sont produits par le moteur au méthane. Le digesteur avalera quelques 7 000 tonnes de déchets par an dont la moitié sera générée par l’activité de l’exploitation. La seconde moitié provient principalement de l’industrie agro-alimentaire. Philippe Collin a fait la désagréable expérience de devoir se mettre en recherche de nouveaux contrats d’approvisionnement en déchets fermentescibles. Ces derniers connaissent depuis quelque temps un changement radical d’affectation. Ainsi, s’ils coû- taient à l’industriel qui les produisait, la tendance s’inverse dangereusement depuis. En effet, ces déchets deviennent marchands avec le développement des unités de méthanisation et particulièrement en Allemagne et en Belgique. Cette tendance pourrait pervertir la filière méthanisation et lui être fatale à long terme.

 

Journal de la Haute-Marne

 

 

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tramebiomethanisation tramebiomethanisation

 

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Méthanisationalaferme plaquette Méthanisationalaferme plaquette

 

Description de l'unité de méthanisation

Matières entrantes : 4 500 tonnes par an.

Production de 500 000 m3 de méthane par an, valorisés dans un cogénérateur à gaz de 230 kWélectriques. Le cogénérateur produit d'une part de l'électricité vendue à EDF sur le réseau et d'autre part de la chaleur utilisée sur le site. L'électricité qui sera produite correspond à la consommation annuelle de 500 ménages.

Les matières une fois digérées forment un digestat désodorisé. Après une séparation de phase, la partie liquide sera épandue sur parcelles agricoles et la partie solide sera séchée puis granulée.
Près de 75% du biogaz produit seront valorisés sous forme d'électricité ou de chaleur, ce qui constitue un taux élevé de valorisation énergétique. En terme de bilan, l'unité produira dix fois plus d'énergie qu'elle n'en consomme pour fonctionner (transport des matières entrantes, fonctionnement, épandage, etc.).

principe biomethanisation


La SARL Eurek'Alias a bénéficié d'un accompagnement financier de l'ADEME et de la Région pour réaliser son étude de faisabilité en 2008. L'investissement est aidé par le Plan de Performance Energétique (PPE) des exploitations agricoles de l'Etat, par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER), par l'ADEME et la Région Champagne-Ardenne.

C'est DOMAIX Energie qui a réalisé l'étude de faisabilité du projet et qui la met en oeuvre aujourd'hui. DOMAIX Energie installe des unités du constructeur allemand Weltec Biopower.

 

Lien sur le site de la chambre d'agriculture de la Haute-Marne

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