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ACCID - Association loi 1901   Plus de 150 adhérents ... pour 2013

Publié par ACCID

Malgré la vive opposition d'une association locale, la construction du centre d'enfouissement technique (CET) des déchets ménagers de l'Aisne du sud est en voie d'achèvement.

"Le chantier touche à sa fin. Il reste à réaliser un carrefour de sécurité et des travaux annexes çà et là, mais le plus gros est fait », explique Thierry Lefèvre. Le président de Valor'Aisne (syndicat départemental de traitement des déchets ménagers) parcourt plusieurs fois par semaine le site de 37,2 hectares (dont 17 hectares de zones de stockage) du futur CET de la Tuilerie. Il veut s'assurer que « tout ce qui y est mis en œuvre l'est à bon escient et selon les règles en vigueur en France ».

La Direction régionale de l'environnement doit passer ici avant Noël pour se rendre compte de la conformité de qui a été construit et aménagé. « Nous commencerons sans doute l'exploitation de l'Eco Centre de la Tuilerie au mois de janvier 2010 quand le préfet de l'Aisne nous aura délivré son accord », soutient André Rigaud, conseiller général et maire de Neuilly-Saint-Front, qui préside le comité directeur de Valor'Aisne.

Le large quai de transfert au toit rond du nouveau CET matérialise l'éco-centre au milieu des collines du lieu-dit Le Charme près de Grisolles (entre Soissons et Neuilly-Saint-Front). Coût de ces travaux colossaux 16,2 M €.

Les capacités de stockage des déchets ménagers du sud de l'Aisne arrivent à saturation. Ce futur CET, d'une capacité d'enfouissement des déchets de 1,6 million de tonnes est indispensable aux Axonais. À raison de 80 000 tonnes de déchets triés par an (dont 56 000 tonnes d'ordures ménagères et 15 000 de déchets industriels banaux), le CET de la Tuilerie sera opérationnel pendant vingt ans.

« Bien que les argiles présentes sur le site montrent une étanchéité élevée, ces dernières ont été renforcées par des matériaux industriels qui empêcheront les lixiviats (les jus issus des enfouissements) de pénétrer dans le sol. L'étanchéité des argiles est donc l'élément le plus important du CET de La Tuilerie, »
affirme le président de Valor'Aisne.

Biogaz et sentier pédagogique

Il conduit ses visiteurs au bord du premier alvéole capable de stocker 100 000 tonnes de déchets ménagers. Sa barrière principale, compactée sur une couche d'argile de 5 m d'épaisseur, est une autre couche argileuse au-dessus de laquelle est fixé le GSB, « le géosynthétique bentonitique », paravent composé de poudre d'argile emprisonnée dans un géotextile.

Valor'Aisne a confié l'exploitation du CET au groupe Véolia (un contrat de 8 ans renouvelable deux ans). Véolia créera sur place sept emplois permanents.

L'éco-centre exploitera le biogazpour la production d'électricité. Il ouvrira un sentier pédagogique le long de ses clôtures et une salle d'accueil du public exposant les résultats de fouilles archéologiques (découvertes de fours à tuiles médiévaux et du XVIIe siècle).

Nonobstant, le maire de Grisolles, Françoise Prévost, présidente de l'association « Vivre à Grisolles » et agricultrice s'oppose toujours, avec d'autres maires du canton de Neuilly-Saint-Front, à la construction du CET. Son exploitation possède les terres jouxtant le lieu-dit du Charme. Officiellement l'association juge le projet néfaste pour la tranquillité de la population et la pureté de ses nappes phréatiques.

Courrier Picard
Mercredi 11 Novembre 2009

Un âpre combat devant les tribunaux

En 2007, l'association Vivre à Grisolles (VAG - 150 adhérents) que préside Françoise Prévost, porte plainte contre Jean-Pierre Landyut, ancien maire de Grisolles. Ce dernier a vendu à Valor'Aisne le terrain où est construit le CET. En décembre 2008, le tribunal correctionnel de Soissons le condamne pour prise illégale d'intérêt arguant que l'ancien maire était, au moment de la vente, l'un des délégués de Valor'Aisne.

En janvier 2009, le tribunal administratif d'Amiens annule la délibération de Valor'Aisne décidant d'acheter le terrain. Mais le tribunal ne suspend pas le permis de construire du CET de La Tuilerie.

À mains levées, à la grande surprise de l'association VAG, le comité de Valor'Aisne décide de poursuivre les travaux. Valor'Aisne fait appel du jugement du tribunal administratif d'Amiens devant la cour d'appel de Douai dont le délibéré doit intervenir en janvier 2010.

« C'est incompréhensible. Valor'Aisne n'est plus officiellement propriétaire du terrain. Le chantier continue comme si de rien n'était »,
s'insurge Françoise Prévost. L'association VAG a fait appel devant le Conseil d'État de la décision du tribunal administratif de ne pas suspendre le permis de construire. « Nous attendons sa décision pour la fin de l'année. Je fais confiance à la justice. »

Aujourd'hui, Thierry Lefèvre, le président de Valor'Aisne, réplique « qu'en l'occurrence, le tribunal administratif d'Amiens n'a fait qu'annuler la délibération de Valor'Aisne. L'acte de vente du terrain est un acte rattaché à cette délibération. C'est donc à un juge civil du tribunal de Soissons de statuer à présent sur l'annulation de la vente. Mais il n'est pas obligé de le faire. Aujourd'hui, le terrain appartient bel et bien à Valor'Aisne ».

Courrier Picard
Mercredi 11 Novembre 2009

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