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ACCID - Association loi 1901   Plus de 150 adhérents ... pour 2013

Publié par ACCID

Depuis sa création en 1999, la plateforme de compostage de Razimont ne cesse d'augmenter le tonnage de déchets verts. Plus qu'une mode ou qu'une prise de conscience, valoriser ses déchets est devenu une nécessité.



En passant entre les différents andains de déchets verts, une bonne odeur d'humus titille les narines. On se croirait presque en forêt s'il n'y avait pas à quelques mètres de là d'autres tas de déchets divers bien moins reluisants. Cet humus agréable pour l'odorat l'est tout autant pour les plantations. Il apporte en effet les fertilisants nécessaires à leur bon développement. Ecologique, économique et facile à faire , le compost, ce mélange fermenté de débris végétaux, devient un véritable garde-manger pour le potager ou les plantations. Philippe en sait quelque chose. Depuis qu'il a emménagé à la Tranchée de Docelles, il soigne ses plantes. Et rien de mieux, selon lui, que le compost pour protéger ses jeunes arbustes des froidures de l'hiver. Ajouter à ça un peu de fumier - mais pas trop conseille Gérard Cornu, responsable de la plateforme -, et les mains vertes peuvent se targuer d'avoir les plus beaux massifs du quartier. Philippe n'est pas le seul en ce moment à faire le plein de compost. La plateforme connaît deux rush dans l'année : en avril-mai et en octobre pour l'entretien d'hivernage. Lors des neuf derniers mois, le Sicovad a commercialisé plus de 480 tonnes de compost aux seuls particuliers.



Et plus de 760 tonnes aux agriculteurs qui, ensuite se chargent de disperser le compost autour des lotissements. Un remède imparable pour éviter toutes les odeurs indésirables. Toujours dans l'objectif d'inciter au tri et à la valorisation des déchets, le Sicovad a repris cette année "sa distribution pédagogique" de compost, explique le directeur du syndicat, Alain Roussey. Chaque foyer, qui fait partie de la zone géographique que couvre le Sicovad, a droit à son sac de 50 litres de compost. Depuis le début de l'année, plus de 3 000 sacs ont été distribués.

25 % de déchets verts supplémentaires

En dix ans, la plateforme de compostage de Razimont, gérée en régie depuis l'an dernier par le Sicovad, est passée de 1 500 tonnes de déchets verts valorisés à plus de 8 000 tonnes, soit plus de 25 % par rapport à 2008. Une augmentation qui s'explique notamment par l'adhésion récente de la communauté de communes Cap Avenir au Sicovad qui a récupéré par la même occasion les déchetteries de Chavelot et Thaon-les-Vosges. En quelques années, d'une déchetterie, la plateforme est passée à dix aujourd'hui. Faute de plateformes de compostage, des communes comme Xertigny n'hésitent pas à apporter leurs déchets verts à la plateforme où travaillent en permanence deux employés et sept agents de l'Esat Le Relais chargés de trier les déchets, de la mise en sac et de travaux divers.



Victime de son succès, la plateforme s'est agrandie l'an dernier. De 2 800 m2, on est passé à 4 800 m2. Et le tout recouvert d'un enrobé, s'il vous plaît. Mais cette extension ne suffit toujours pas à valoriser tous les déchets entrants. "Il nous manque 4 000 m2", note Alain Roussey. Pour parer à ce problème, "il faut que les produits sortent et entrent rapidement", poursuit Gérard Cornu. Une gymnastique pas toujours évidente lorsqu'on sait que l'opération de compostage dure six mois... Alors le Sicovad a trouvé le bon filon : la commercialisation de branches broyées auprès d'autres plateformes qui les réutilisent ensuite pour le compostage des boues issues des stations d'épuration.

Si le tonnage de déchets verts valorisés et la vente de compost ne cessent d'augmenter, deux signes d'une certaine prise de conscience de la part des citoyens, les efforts doivent se poursuivre. "Ce qu'on a pris à la terre en matières organiques, il faut lui rendre", insiste Gérard Cornu. Pour le directeur, loin d'être une mode, le compostage est devenue "une nécessité" lorsqu'on sait qu'à l'horizon 2015, un habitant du Sicovad ne devra produire que 430 kg de déchets par an contre 525 actuellement. Autant dire que les citoyens vont devoir réduire leurs déchets à la source. En utilisant les éco-emballages et autres produits peu polluants et en ayant recours, bien sûr, au... compostage.

Marie BLUTTE

Vosges Matin - 06/11/2009

Mode d'emploi

Du déchet à l'engrais naturel

Tontes, fleurs, feuilles, tailles… Autant de déchets qui peuvent être apportés par les communes, les professionnels et les particuliers, avant d'être valorisés. Après avoir stocké la matière organique sur le site de Razimont, le personnel se charge de retirer les indésirables (plastique, ferrailles, etc) et de séparer les branches - qui seront ensuite broyées - des déchets à mettre en tas (gazon, feuille, etc). Vient ensuite le temps de la fermentation active qui dure environ un mois et demi. Au cours de cette phase, la matière organique est dégradée entraînant une forte montée en température (plus de 70°C pendant 15 jours). Une température utile et nécessaire qui permet une hygiénisation du compost par la destruction des mauvaises herbes et des maladies. Le personnel retourne le tas de déchets tous les 15 jours pour l'aérer et vérifie la température chaque semaine pour le cas échéant, arroser.

Si le processus de compostage est 100 % naturel, il n'en demeure pas moins technique. "On est soumis à une norme et à des analyses régulières", note Gérard Cornu. Un gage de qualité pour les clients. Puis, la phase de maturation, qui dure trois à quatre mois, est indispensable pour que le produit soit riche en humus. Une fois le compost bien mûr, il est passé au crible ce qui permet d'obtenir différentes granulométries. Le compost est ensuite stocké et commercialisé avant de jouer le rôle d'engrais naturel dans les jardins.

Pour la commercialisation, le Sicovad investit encore cette année. Après avoir réalisé un gros investissement en 2008 avec l'agrandissement de la plateforme, le syndicat continue dans sa lancée avec la construction d'un entrepôt de 30 mètres de long sur 12 mètres de large qui fera office de lieu de stockage et de point de vente de compost. Une voie de contournement sera également réalisée à l'arrière de l'entrepôt. Ce qui évitera aux véhicules sortant du site de traverser la zone de travail. Enfin, deux bungalows, qui accueilleront les bureaux du personnel, seront également installés. Coût total de l'opération : 172 000 euros HT.

Epinal
Inciter les collectivités

Les déchets verts proviennent pour la plupart de déchetteries qui ne possèdent pas de plateformes de compostage, et de communes. Ainsi, avec entre 800 et 1 000 tonnes de déchets par an, la Ville d'Epinal fait partie des plus grosses pourvoyeuses de déchets. Mais les communes adhérentes au Sicovad (on en dénombre 80) ne sont qu'une petite dizaine à montrer l'exemple. "On a repris la gestion de la plateforme il y a un an", explique Alain Roussey, directeur du Sicovad. "On est en pleine période d'incitation", ajoute le directeur qui multiplie les mailings auprès des collectivités. Et Alain Roussey de tempérer : "Certaines communes ont de trop petites quantités de déchets verts pour les apporter. Et d'autres comme Remiremont possèdent leur propre plateforme de compostage", poursuit-il.

Si le tonnage de déchets verts continue d'augmenter sur le site de Razimont, il faut toutefois, selon lui, que "les collectivités comme les particuliers aient davantage le réflexe" de valoriser leurs déchets. Et de leur donner ainsi une seconde vie.

Composter à tous les coûts

Le Sicovad commercialise également des composteurs d'une capacité de 300 (18 €) ou 600 litres (25 €). Autant de tonnes de déchets économisés tant pour le Sicovad que pour le contribuable. Placés au fond d'un jardin ou sur même sur un balcon, il se fera discret. A acheter au siège du Sicovad, 6 allée de la Voivre.

En chiffres

- Le Sicovad compte 80 communes adhérentes, ce qui représente 116 509 habitants.

- Côté tarifs, le sac de 50 litres en 20 mm coûte 2,25 € contre 3 € pour le sac de 50 litres en 10 mm. En dehors du prix pour le public, les communes adhérentes au Sicovad ont un prix préférentiel.

- En neuf mois, le Sicovad a reçu 6 770 tonnes de déchets verts. Les principaux clients étant les déchetteries du Sicovad (5 100 tonnes) et la Ville d'Epinal (790).

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