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Publié par ACCID

En 2010, 750 tonnes de plastiques agricoles usagés ont été récupérées dans les campagnes lorraines. ( Photo ER)

C’est gratuit pour les agriculteurs et ça rapporte forcément gros à la santé du terroir. Depuis deux ans, à l’initiative de la chambre régionale de l’agriculture (CRAL), une centaine de points de collecte des plastiques agricoles usagés, essentiellement les sites de silos, quadrillent la campagne lorraine.

Objectif : récolter les films d’enrubannage, les bâches d’ensilage qui ont rendu l’âme, les big bags d’engrais et de semences, les ficelles… Tous ces déchets qui encombrent les fermes avant d’être brûlés dans le fond d’une cour ou confiés au ramassage classique des ordures, voire aux déchetteries, alors qu’ils sont pourtant recyclables.


3 000 éco-paysans

L’architecture de cette moisson salutaire a été rondement édifiée par la CRAL. Si celle-ci assure la coordination et surtout la communication de cette opération en distribuant 10 000 tracts aux intéressés, la filière implique plusieurs acteurs : les distributeurs, coopératives et négoces agricoles pour la mise à disposition des sites de dépôts des plastiques, des prestataires chargés de les collecter et enfin une société privée, ADIVALOR, qui signifie Agriculteurs, distributeurs et industriels pour la valorisation, qui orchestre la revente de ces déchets sur le marché européen où ils seront recyclés. Et ça marche ! En 2009, 500 tonnes ont été ainsi récupérées, 750 tonnes cette année, «  ce qui prouve que la démarche est entrée dans les mœurs », se félicite Richard Cherrier, chef de service agronomie développement durable à la CRAL. La chambre a toujours absolument tenu à ce que le geste soit gratuit pour les paysans. Seul effort demandé : « ils doivent apporter des déchets « propres ». Les big bags pliés en fagots de dix, les bâches roulées et nettoyées au jet pour éviter des coûts de tri ou de lavage trop importants lors du conditionnement ». La date de collecte est pertinemment fixée vers la mi-mai, «  car c’est avant les moissons et au moment où les agriculteurs ont fini d’utiliser les gros volumes ». Cette année, sur les 12 000 exploitations de Lorraine, 3000, soit une sur quatre, se sont pliées à ce petit jeu qui en vaut la chandelle : chez les recycleurs, les big bags sont transformés en plaques isolantes pour le bâtiment, les ficelles en raccords pour le BTP, les bâches en sacs poubelles…

« 400 tonnes de bâches ou de films d’enrubannage, ces plastiques vert clair qui enveloppent l’herbe de la fenaison, vont produire 2,6 millions de sacs poubelles de 100 litres, soit la consommation annuelle d’une ville de 6 000 habitants », ajoute Richard Cherrier.

Petite ombre au tableau : ces déchets ne sont pas valorisés dans l’Hexagone, mais en Italie, en Hollande et dans les pays de l’Est où des unités de transformation ont fleuri pour cultiver le terreau d’un marché très prometteur.

La Lorraine n’est donc — pour l’instant ? — qu’un fournisseur de matière première par le biais de cette initiative qui sera reconduite chaque année dans l’avenir, d’autant que son bilan financier est positif : « Nous avons dégagé 9 000 euros de recette en 2010 », souligne Richard Cherrier. De quoi motiver.

Patrice COSTA

Vosges Matin - 2 octobre 2010

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