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Publié par ACCID

Jean-Louis Borloo a annoncé, hier, la prochaine interdiction à la consommation des poissons issus des rivières polluées. L’Afssa devrait rendre dans les prochaines semaines un avis sur la pollution au PCB dans la Seine, un fleuve soupçonné d’être fortement touché.

A en croire l’association Robin des Bois, qui se réfère aux dernières analyses réalisées par l’Onema (Office national de l’eau et des milieux aquatiques), la Seine serait dangereusement polluée, contenant des taux de PCB très élevés. Interdits depuis 1987, les polychlorobiphényles (PCB) se sont accumulés dans les rivières et certains fleuves français depuis plusieurs années. Les valeurs relevés dépasseraient parfois très largement les seuils autorisés dans le fleuve parisien.

Après le Rhône, la Garonne, la Charente, la Somme, ou encore l’Essonne, la Seine serait à son tour touchée par une pollution aux PCB. Les arrêtés d’interdiction de consommation se multiplient et devraient prochainement être publiés pour la Seine, peut-être jusqu’au cœur de la Capitale, un symbole. La simple pêche (sans consommation) ne devrait cependant pas être interdite.

Dangereux mais encore peu pris en compte

Peu solubles dans l’eau, les PCB seraient essentiellement véhiculés par l'eau puis rapidement stockés dans les sédiments, pour finalement se retrouvés concentrés dans la biomasse animale en général et les poissons en particulier. On considère la plupart des PCB comme des cancérogènes probables, des perturbateurs endocriniens et des inducteurs enzymatiques  capables de modifier le métabolisme de l’homme.

Malgré son danger pour la santé, les molécules de PCB sont encore trop rarement recherchées par les analyses classiques des eaux.

Enviro2B - 04 juin 2010

Communiqué Robin des Bois - 18 mai 2010

Pêche en Ile-de-France : les poissons ne sont plus consommables

Les analyses réalisées par l’ONEMA (*) en application du plan national d’actions sur les PCB décidé par le ministère de l’Ecologie sont catastrophiques pour ce qui concerne la Seine en amont de Paris, en aval et dans la capitale. La Marne elle aussi est touchée.

Ces résultats corroborent les inventaires des sites terrestres pollués aux PCB régulièrement réalisés par Robin des Bois. Alors que sur l’ensemble du territoire de nombreux arrêtés préfectoraux interdisent ou restreignent la pêche de loisirs et la pêche professionnelle ou encore informent les pêcheurs des risques sanitaires dus à la consommation des poissons toxiques, Le préfet de la région Ile-de-France, le préfet de police de Paris, la Mairie de Paris et les préfets des Hauts-de-Seine, du Val-de-Marne et des Yvelines restent silencieux à ce sujet.

La norme européenne fixe une limite maximale de 12 pg/g pour la somme des concentrations en dioxines, furannes et PCB dioxin like dans la chair des anguilles et de 8 pg/g pour les autres espèces. Au-delà de ces seuils, les poissons doivent être considérés comme impropres à la consommation. Les PCB sont des micropolluants persistants et accumulatifs. Perturbateurs endocriniens, ils induisent des troubles de la fertilité et de la reproduction. Ils ont des effets négatifs sur les paramètres immunitaires des enfants y compris pendant la gestation et sur le développement mental et moteur. C’est un cancérogène avéré pour les animaux, et probable pour l’homme.

A Ablon (94), l’anguille atteint les sommets de l’imprégnation ; sans doute un record national avec 301 pg/g.

A Paris 12ème, les brèmes et les gardons dépassent de 3 à 5 fois le seuil réglementaire de conformité.

A Nanterre (92), 90% des poissons analysés, anguilles et gardons, sont impropres à la consommation.

A Gargenville (78), les anguilles ne doivent pas être consommées, ni par les pêcheurs, ni par leurs voisins, ni par les chats ; la contamination moyenne des anguilles est de 8 fois le seuil réglementaire.

Ces quelques résultats extraits de la base de données de l’ONEMA sont en cohérence avec l’arrêté de janvier 2005 interdisant la pêche en vue de la consommation ainsi que le transport des poissons vivants ou morts pêchés dans l’Essonne, affluent de la Seine, et l’arrêté de septembre 2008 qui interdit la consommation humaine et animale, la détention, le débarquement, le transport, la cession ou la vente de tous les poissons pêchés dans la Seine à partir de la limite départementale Eure-Yvelines. L’interdiction concerne le département de l’Eure, s’étend à la Seine-Maritime et à l’estuaire, département du Calvados compris, ainsi qu’à la Baie de Seine dans les eaux maritimes sous souveraineté française pour ce qui concerne le cas spécifique des sardines.

(*) Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques

Site Robin des Bois (PCB)

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