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Publié par ACCID

 entressenFermeture définitive de la décharge d’Entressen dans les Bouches-du-Rhône

 

La Préfecture des Bouches-du-Rhône a annoncé lundi que le centre de stockage de déchets de La Crau fermera définitivement ses portes le 31 mars. « Cette fermeture vient mettre un point final à un processus engagé en 2004, lorsqu'est apparue la nécessité de mettre un terme aux nuisances environnementales générées par cette décharge à ciel ouvert qui fut un temps la plus vaste d'Europe et était au centre des préoccupations des services de l'Etat comme des instances de l'Union européenne », précise le communiqué de la Préfecture. Ouverte en 1912, la décharge d’Entressen recevait entre 400.000 et 500.000 tonnes de déchets par an et avait vu sa fermeture plusieurs fois repoussée en attendant que le centre de traitement multifilières de Fos-sur-Mer puisse prendre le relais. Cette annonce ne marque cependant pas la fin de l’histoire car comme le souligne La Provence, une autre question va désormais se poser, celle de la réhabilitation du site d’Entressen.

 

Avec la fin d'Entressen, une sale image s'efface

 

La décharge de La Crau fermera ses portes demain, après 98 ans d'existence, dont une grande partie dans l'illégalité.

La plus grande décharge à ciel ouvert d'Europe vit ses dernières heures. Ouvert en 1912 entre Saint-Martin-de-Crau et le village d'Entressen, l'immense tas d'ordures aurait dû disparaître le 1er juillet 2002, comme toutes les décharges recevant autre chose que des déchets ultimes. Pourquoi ce retard ? Parce qu'à Marseille - et plus généralement dans le Sud-Est de la France -, les élus se sont empressés de ne rien faire pendant presque dix ans.

La loi qui obligeait les collectivités à mettre leur politique d'élimination des déchets en conformité avec le droit européen date en effet de juillet 1992. Défendu à l'époque par Ségolène Royal, ministre de l'Environnement du gouvernement Bérégovoy, ce texte donnait 10ans aux communes pour trouver une solution. Robert-Paul Vigouroux, alors maire (PS) de Marseille, tire une première salve en 1993, annonçant la construction de deux incinérateurs, l'un à Saint-Menet, l'autre aux Arnavaux, pour brûler les quelque 1200 tonnes d'ordures produites chaque jour par les Marseillais.
 
 entressen2

 Levée de boucliers immédiate des riverains, peu enclins à voir la moitié des poubelles de la ville brûler chaque jour sous leurs fenêtres. Sitôt élu, en mars 1995, le maire (UDF) Jean-Claude Gaudin envoie donc les dossiers de son prédécesseur grossir le tas d'ordures. Et se penche à son tour sur la décharge de La Crau... pour découvrir qu'elle fonctionne sans la moindre autorisation, donc sans le moindre contrôle, depuis l'origine.

Son adjoint à l'Environnement, Robert Assante, entreprend d'obtenir le précieux sésame des services de l'État, qui exigent en retour de gros investissements pour limiter l'impact de la décharge sur son environnement, et surtout la nappe phréatique de La Crau, lourdement polluée par les jus issus de la décomposition des ordures. Depuis 1997, se sont ainsi près de 70millions d'euros que la Ville de Marseille, puis la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, ont investi sur le site. Qui n'a paradoxalement jamais aussi bien fonctionné qu'à l'heure de sa fermeture.

Des sommes qui ont permis, 13 années durant, d'obtenir les dérogations nécessaires, sans risquer de procédure contentieuse avec la Commission européenne. La fermeture définitive de la décharge, le 31 mars, ne signifie pas pour autant la fin de l'histoire. Acquis à la fin des années 50 par le maire (PS) Gaston Defferre, les 300 ha du site -dont la moitié est occupée par le tas d'ordures sur 40 m d'épaisseur- devront en effet être réhabilités, c'est-à-dire recouverts de terre et végétalisés. L'ensemble sera ensuite placé sous étroite surveillance pendant 30 ans.

Entamés en 2000, les travaux de réhabilitation ont déjà permis de neutraliser l'essentiel de la décharge. Il resterait environ 25 ha à traiter, en plus des travaux destinés à récupérer les gaz issus de la fermentation des déchets organiques, qui se poursuivra de longues années encore. Quant à l'éventuelle réutilisation du site, plusieurs pistes seraient à l'étude: une ferme photovoltaïque pour produire de l'électricité, une réserve de chasse, un golf, un terrain de motocross... mais plus jamais de poubelles.

La provence - 30/03/2010

 

Fermeture d'Entressen : où iront les tonnes d'ordures de Marseille ?

La question qui se pose maintenant est la suivante : que faire des 417 000 tonnes de déchets produits par la ville de Marseille chaque  année. Retour sur l'histoire de la décharge et sur les solutions à disposition.

L'INCINÉRATEUR UNE HISTOIRE AU LONG COURS
En 1993, Robert Vigouroux, maire de Marseille, imagine la construction de deux incinérateurs dans la ville. Immédiatement, il se heurte à l'hostilité des riverains. En 1999, après avoir limité dans un premier temps le projet à un incinérateur, le nouveau maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, décide de le construire en dehors de la ville, arguant d'un appel d'offres peu favorable. L'idée de Fos fait son chemin, d'autant que le Conseil général 13 a été un temps favorable à la construction de cinq incinérateurs disséminés à travers le département.

En 2002, désormais porté par la communauté urbaine de Marseille qui rassemble 18 communes, le projet de l'incinérateur atterrit effectivement à Fos. Le chantier est confié à une entreprise espagnole, Evere. En 2006, les travaux démarrent et les opposants multiplient les recours. En 2008, élu président de MPM, le socialiste Eugène Caselli, opposé à l'incinération, lance un audit. Les conclusions assurent qu'il est trop tard pour faire marche arrière. Il est toutefois décidé d'augmenter la part de méthanisation au détriment de l'incinération.

LE CALENDRIER DE LA MISE EN SERVICE
C'est avec plusieurs années de retard sur ce qui était prévu, et après avoir quasiment doublé son prix qui était initialement de 280 millions d'euros, que l'"ensemble de traitement des déchets avec valorisation biologique et énergétique" de Fos a commencé à fonctionner début 2010, pour prendre le relais d'Entressen. "Des tests ont été menés, notamment sur la méthanisation, explique Eugène Caselli. Ensuite, jusqu'au 30 septembre, les différentes unités seront préréceptionnées les unes après les autres et il y aura de plus en plus d'ordures qui pourront être traitées sur place. Enfin, tout fonctionnera en même temps. Au 30 novembre, la véritable exploitation pourra commencer".

LA FARE, GARDANNE, LA CIOTAT DÉCHARGES DE SECOURS
La partie méthanisation de l'usine de Fos n'étant pas encore totalement opérationnelle, une partie des ordures qui allait à Entressen sera provisoirement traitée "par enfouissement" à La Fare-les-Oliviers et à Gardanne, deux décharges choisies par Urbaser-Valorga. Au final, cela devrait concerner 70000 tonnes de déchets sur les 417000tonnes traitées annuellement.

De plus, Eugène Caselli indique que les ordures de la partie Est de MPM continueront durant un temps à aller à la décharge de La Ciotat. La Fare et La Ciotat, deux décharges gérées par Alexandre Guérini, frère du président du Conseil général 13 et actuellement au coeur d'une enquête judiciaire... Initialement, MPM aurait préféré une autre solution, pour éviter les critiques qui ne manqueront pas de fuser des rangs de la droite. Selon nos informations, le feu vert serait finalement venu des services de l'État.

Fred GUILLEDOUX
La Provence - Publié le mercredi 31 mars 2010 à 08H11  

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