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Publié par ACCID

relanges dufumier

Hier, l'agronome Marc Dufumier était de passage à Relanges bio pour une conférence-débat sur le potentiel de l'agriculture biologique. Incontestablement, un des moments forts du festival.

Hier, la salle du foyer rural de Relanges était bien petite pour accueillir tous les curieux qui avaient fait le déplacement pour assister à la conférence du réputé Marc Dufumier. Ce professeur à l'Institut national d'agronomie, également ingénieur chercheur à Agro-Paris et membre de la fondation Nicolas Hulot, a participé au Grenelle de l'environnement en tant qu'expert. Un invité de prestige pour la petite commune de Relanges.

Devant plus d'une centaine de personnes, le fervent défenseur de l'agriculture bio a débuté son intervention en dénonçant les clichés associés aux cultures bio : " Contrairement aux idées reçues, l'agriculture bio n'est pas peu productive. De plus, les qualités sanitaires des aliments bio sont bien supérieures aux aliments traditionnels et l'environnement est épargné." Il a ensuite fait le constat que parmi les 6,8 milliards de personnes qui peuplent notre planète, près d'un milliard ne mange pas à sa faim, et près de 2 milliards ont des carences nutritionnelles, faute de disposer des 2 200 kc nécessaires chaque jour à un être humain.

Mauvaise gestion des ressources

" Pourtant, chaque année, l'agriculture mondiale produit plus 330 kilos de céréale par personne. Et c'est bien plus que les 200 nécessaires pour que le monde entier mange à sa faim. Alors pourquoi des gens continuent de souffrir de la faim alors que les ressources sont suffisantes ? Simplement parce qu'elles sont mal gérées." Et à entendre Marc Dufumier, deux facteurs sont en cause. " D'une part le détournement d'une grande part des céréales pour nourrir les animaux d'élevage mais également le développement des biocarburants face à la raréfaction des énergies fossiles."

Les populations dont l'alimentation est insuffisante sont, pour plus des deux tiers, des familles paysannes équipées d'outils exclusivement manuels et qui les rendent incapables de se nourrir elles-mêmes. " C'est donc bien par un accroissement de la productivité et des revenus agricoles des paysans les plus pauvres que l'on parviendra à éradiquer la faim dans le monde. Mais il faut également arrêter d'utiliser les aliments pour abreuver les voitures."

Après avoir dressé un bilan pas franchement rose, l'agronome a proposé des solutions durables pour soutenir l'agriculture bio. " Les pays du Sud devraient avoir le droit de mettre en place des droits de douane pour enrichir les petits agriculteurs tout en gagnant leur indépendance vis-à-vis des surplus du Nord. Ce serait également une ressource pour les États qui pourraient utiliser cet argent pour contrer les hausses des prix subies par la population.

D'autre part, il faut également soutenir les circuits courts et mieux rémunérer les agriculteurs. En France, il faudrait revenir à une agriculture un peu moins coûteuse, un peu moins rentable mais bien plus respectueuse de l'environnement."

Nicolas LE PORT
Vosges Matin - 19/04/2010

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