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Et si nos poubelles valaient de l'or?

L
e projet de la filiale de Suez Environnement d'enfouir 40.000 tonnes de déchets au Sud du Puy-en-Velay ne freine en rien le projet de Pizzorno de traiter 80.000 tonnes à l'Ouest du département.

À l'Ouest, rien de nouveau. Pizzorno continue de porter son projet de centre de traitement de 80.000 tonnes de déchets à Saint-Beauzire, quand bien même la société SITA parle d'enfouir 40.000 tonnes entre Cayres et Seneujols, au sud du Puy-en-Velay. Et que l'incinérateur de Clermont est relancé depuis que le préfet a signé l'arrêté d'autorisation d'exploiter?

Les interrogations, pourtant, sont légion. Et pour cause. Si l'incinérateur porté par Vernéa, filiale de Suez Environnement, se charge des déchets du Puy-de-Dôme et du Nord de la Haute-Loire, si SITA, filiale de Suez Environnement également, s'occupe des déchets du Centre du département (*), que reste-t-il pour Pizzorno ? Le groupe varois table sur un gisement de 80.000 tonnes venant essentiellement de l'Ouest et du Centre de la Haute-Loire?

« C'est un scénario dont ils (les dirigeants des filiales de Suez, N.D.L.R.) ne sont pas les décideurs », résume Jean-Philippe Dessaulx, responsable développement et valorisation Auvergne à Pizzorno. « Il y a deux plans départementaux en révision, du Puy-de-Dôme et de la Haute-Loire. Les seuls capables de répondre sont les Conseils généraux ».

La « solution globale » avancée par Suez, soit l'incinérateur à Clermont, le centre d'enfouissement à Cayres-Pradelles, convaincra-t-elle ? Comme le résume Vincent Borel, directeur développement à SITA, « on propose le chaînon manquant ».

Mais bien malin qui peut aujourd'hui dessiner la carte du traitement des déchets de demain. Et, en attendant, l'heure tourne. Le centre d'enfouissement de la Communauté de communes de Saugues a fermé le 30 juin dernier. Depuis, et en attendant de contractualiser pour évacuer les déchets ailleurs, la décharge du Moulas stocke. « Le centre devait fermer en 2006, rappelle Olivier Rascle, directeur de la Communauté de communes du Pays de Saugues. Il a bénéficié d'une prolongation jusqu'en 2009 en attendant la solution départementale. Laquelle n'est toujours pas là ! »

Alors, faute de débouchés, les déchets de la Haute-Loire vont de plus en plus loin. Dans le Puy-de-Dôme, l'Allier, la Loire, la Drôme. Mais, là aussi, la coupe est pleine. Et les préfets ferment les portes frontalières. « La logique des plans départementaux prévoit une gestion des déchets au plus près de la source », rappelle Olivier Rascle.

De fait, la proposition de Pizzorno à Saint-Beauzire ne pouvait pas mieux tomber? jusqu'à ce que l'opposition de la population et des élus se critallise. Le projet de SITA ? Là aussi, levée de boucliers des élus de Cayres-Pradelles.

« Au Puy-en-Velay, ils ne savent pas quoi faire de leurs déchets ! pointe un proche du dossier. Ils étaient prêts à partir avec Pizzorno ». Mais Suez, bien installé dans la Loire voisine, n'a pas tardé à saisir l'opportunité de poser un pied en territoire altiligérien. « Nous sommes très surveillés par nos concurrents, notamment des grands groupes », résume Jean-Philippe Dessaulx pour qui « il n'a jamais été question d'abandonner le projet à Saint-Beauzire ». D'ailleurs, le dossier de demande d'autorisation du centre, qui prévoit tri et valorisation, devrait atterrir sur le bureau du préfet avant le 1er janvier 2010. Pour, si le calendrier est respecté, démarrer en 2012.

Même tempo du côté de SITA avec une levée de rideau annoncée vers 2011-2012. Course contre la montre pour les deux géants sur le marché des déchets ? Partie de poker menteur ? SITA dit n'avoir aucun élément sur le dossier Pizzorno. Quand Pizzorno dit ne pas connaître le projet de Cayres-Pradelles? Reste que, pour se disputer les parts du gâteau, le marché doit être juteux. Et la bagarre féroce.

Car le site de SITA, au lieudit « Ronzet » entre Cayres et Sénéujols, Pizzorno le connaît bien. « C'est un site que l'on avait étudié, poursuit Jean-Philippe Dessaulx, et que l'on n'a pas retenu ». Zone AOC de la lentille verte, réserve d'eau qu'est le plateau du Devès, ce sont aussi les arguments que mettent en avant les opposants au projet. 

Patricia Cerinsek
patricia.cerinsek@centrefrance.com
La Montagne - 16/10/2010


(*) Soit des secteurs des Monts du Forez, de l'Emblavez, de l'agglomération du Puy-en-Velay, du Pays de Saugues et de Cayres-Pradelles.

Nous avons déjà rencontré beaucoup d'appellations pour nommer une décharge : CSDU (Centre de Stockage de Déchets Ultimes), ISDND (Installation de stockage de déchets Non dangereux) ou encore, plus écologique, écopole, ..... Mais appeler une décharge, une "ferme des énergies renouvelables" comme le fait Jean-Philippe DESSAULX du groupe PIZZORNO, personne n'avait encore osé. Surtout à Culhat qui abrite une décharge depuis plus de 20 ans déjà.

Quand au rôle bénéfique d'une décharge pour "créer une zone humide" ou "faire revenir les écrevisses", c'est édifiant !!




Suit un extrait du site :
http://culhat-et-son-histoire.over-blog.com/article-32783379.html

L'histoire ne fait que se répéter. Après le combat mené pour obtenir la fermeture de la décharge du Bois de l'Aumône  en 1992, les habitants de Culhat pensaient en avoir fini avec les déchets.Voilà qu'aujourd'hui, nous apprenons que le  groupe Pizzorno Environnement se propose d'installer un Bois de l'Aumône bis; ce centre de traitement des ordures serait d'ailleurs implanté juste à côté de l'ancien site.
          
          
NOUS NE VOULONS PAS D'UNE NOUVELLE DECHARGE!

Nous n'en voulons pas parce que c'est un projet dangereux:

  - dangereux  pour la santé des Culhatois et des habitants de la quinzaine de communes qui boivent l'eau captée juste à côté du Bois de l'Aumône. Un cocktail de nickel, mercure, plomb dans l'eau de notre verre...nous n'en voulons pas!

 - dangereux  pour notre tranquilité et notre bien-être: des norias de camions traversant Culhat, des parfums "délicats de décharge", des bruits de moteur...nous n'en voulons pas!

 - nous avons bien conscience que le traitement des déchets est un lourd problème mais en la matière... nous avons avons déjà donné : 1.3 milloins de tonnes de déchets provenant de 142 communes du Puy de Dôme stockés dans la décharge du Bois de L'Aumône.

Le  groupe Pizzorno Environnement par voie de presse (article paru dans La Gazette, jeudi 11 juin 2009)  présente son projet en l'enveloppant de ficelles des plus grossières.
On ne vient pas faire une décharge" affirme J.P DESSAULX. C'est une ferme des énergies renouvelables!! Quel bel exemple d'euphémisme!

Une décharge: c'est sale, ça pue, ça pollue!!
Une ferme des énergies renouvelables: c'est bucolique, c'est écologique...bref idyllique!!

Si..si!! D'après J.P Dessaulx, avec ce projet, on va  "restituer du bocage", "créer une zone humide" et même "faire revenir les écrevisses de rivière". Il n'y aura "pas d' impact sur la santé et l'environnement".

Les experts en communication de Pizzorno Environnement sont très forts ; cependant pensent-ils réellement que les Culhatois, qui ont acquis une certaine expérience en matière de traitements de déchets et d'exploitation d'une décharge, puissent être assez crédules et naïfs pour gober ces inepties?

La montagne - 28 mai 2009

C'est un non catégorique que les élus de Culhat et de toute la communauté de communes de Lezoux ont répondu au projet du groupe privé Pizzorno Environnement qui voudrait créer dans la commune un centre de traitement de déchets.

Pendant dix-huit ans, de 1977 à 1995, la commune de Culhat accueillait sur son territoire la décharge du Bois de l'Aumône, la circulation de ses camions et les nuisances multiples pour héberger les ordures venant de 142 communes du département. 1,3 millions de tonnes de déchets stockées en une montagne de 35 mètres de haut sur une superficie de 7 hectares? Et des jus et gaz toxiques nécessitant d'être « surveillés » pendant encore de nombreuses années.

Alors, quand au début de cette année, le bruit a commencé à circuler d'un projet de « centre de traitement de déchets non dangereux avec tri, valorisation et stockage » porté par un groupe privé, Pizzorno Environnement (*), la population locale a vu rouge. Un mélange de colère, d'exaspération et une très grosse angoisse.

A l'unanimité, les élus de la Communauté de communes de Lezoux en mars, puis le conseil municipal de Culhat, en avril, se sont fermement prononcés contre ce projet. Ils rappellent notamment à l'appui de leur décision, que l'enquête publique effectuée il y a une quinzaine d'années en vue de l'extension de la décharge avait « fortement déconseillé » de poursuivre l'exploitation de ce site, et avait abouti à l'abandon du projet.

« Les risques de pollution des eaux souterraines, notamment en raison des sols très perméables alors mis en exergue sont exactement les mêmes avec ce projet situé dans le même bassin versant, en surplomb de l'Allier » expliquent le maire de Culhat, Jean-Philippe Ausset, et Jean-Pierre Bonnaud, membre de l'ADEC (Association de défense de l'environnement de Culhat), qui s'était déjà mobilisée très activement contre la décharge, tout comme le syndicat d'eau potable du secteur.

Le site envisagé aujourd'hui couvrirait 35 à 40 hectares sur une parcelle d'une centaine appartenant à un exploitant agricole installé dans une autre commune. A noter qu'en l'état actuel, le PLU (plan local d'urbanisme) de la commune ne permet pas la réalisation d'un tel projet.

(*) Créé en 1976, Pizzorno Environnement est essentiellement présent au Maroc, et installé en Rhône Alpes depuis 2007
Après la très importante manifestation qui a réunit 1500 personnes à Cayres-Seneujols (Haute-Loire) le 03 octobre 2009, le bureau d'études 2N environnement (situé dans le Var) ne pouvait pas continuer à faire croire qu'il était seul à porter ce projet découvert début septembre. La SITA est donc sortie du bois. C'est donc elle qui est réellement porteuse de ce projet.Question confiance et transparence, cela commence bien.

Quand à la faisabilité géologique du projet, nos collègues du collectif PPVV auront sans aucun doute la bonne idée de vérifier la compatibilité d'un site sur lequel il n'a été possible de creuser qu'à 4 mètres de profondeur. Sans compter, la vitesse étonnante à laquelle cette étude géologique a été réalisée : de 15 jours à 1 mois seulement pour donner un avis définitif de faisabilité !! Même nos grands amis de Villers Services n'ont jamais fait réaliser une étude de faisabilté à cette vitesse !!


Centre d'enfouissement à Cayres : les terrains seraient compatibles

L'étude du bureau 2N environnement confirme que les terrains du « Ronzet », entre Cayres et Seneujols, seraient compatibles pour l'accueil d'un centre d'enfouissement des déchets tandis que la
société Sita-Suez est porteuse du projet

C'est un véritable coup de massue qui s'est abattu sur le plateau du Devès, lundi soir. Deux jours après le grand rassemblement populaire de mille cinq cents personnes sur le site pressenti pour accueillir un centre d'enfouissement (lire notre édition de dimanche), une délégation d'élus et deux représentants du collectif PPVV (Préservons le plateau du Velay volcanique) avaient rendez-vous avec un responsable de la société 2N environnement.

Cette dernière devait faire connaître les résultats de son étude et notamment des forages réalisés sur le site début septembre. Autant dire que du verdict de cette étude allait dépendre la poursuite du combat, engagé depuis deux mois, contre la possible réalisation de ce projet.

Or justement, Jean-Marie Barbaud, associé-gérant du bureau d'études, a confirmé aux élus que les forages avaient révélé un site compatible avec l'accueil d'un centre d'enfouissement des ordures ménagères.

Pour les élus, comme pour tous les habitants du plateau fédérés au sein du collectif PPVV, c'est la désillusion. Mais, le président et les vice-présidents de la communauté de communes, accompagnés des maires et adjoints des communes de Cayres et Seneujols n'étaient manifestement pas au bout de leurs surprises, lundi soir. C'est en tout cas ce que nous a expliqué, hier matin, le maire de Seneujols, Serge Boyer : « 2N environnement nous a présenté le porteur de projet en la personne de Vincent Borel, directeur du développement pour la société Sita. » Les élus comme le collectif savent donc enfin contre qui ils vont se battre. Difficile, effectivement, d'entamer un match quand l'autre joueur est encore au vestiaire.

Mais les élus se sentent floués. « Depuis le début, 2N environnement nous maintient qu'il a agi de son propre chef, qu'il n'avait pas de commanditaire. Or lors de notre première rencontre avec les dirigeants du bureau d'études dans la deuxième quinzaine du mois d'août, Vincent Borel était déjà autour de la table et s'était fait passer pour un collaborateur de 2N environnement », peste Serge Boyer.

Et les élus, dans une réunion qui s'est tenue en soirée à Costaros, n'étaient malheureusement pas au bout de leurs déceptions. Les forages ont effectivement montré qu'une couche basaltique se trouvait à quatre mètres de profondeur. En conséquence, l'enfouissement ne pourrait pas descendre en-dessous de ces quatre mètres et se ferait donc en surface avant d'être recouvert végétalement, formant ainsi une colline pouvant atteindre vingt-cinq à trente mètres de hauteur. Et les inquiétudes ne sont pas dispersées : « On trouve deux nappes phréatiques à vingt-quatre et à cinquante et un mètres de profondeur », confie Serge Boyer. « Cela montre bien que le Devès est le château d'eau du bassin du Puy et qu'en cas d'infiltration des lixiviats (jus de décharge), on court à la catastrophe sanitaire. » Sur le plateau, cette succession de mauvaises nouvelles n'aura certainement que pour effet d'amplifier la mobilisation dans les prochaines semaines. Marc Mouret, maire de Cayres, clamait samedi : « Ils ne passeront pas »... Pas si sûr.

Rémi Barbe
Le progrès - le 07.10.2009


Sita/Suez : « Apporter une solution locale aux déchets locaux »

Ils sont désormais deux : Jean-Marie Barbaud, co-associé du bureau d'études 2N environnement basé dans le Var, et Vincent Borel, directeur du développement chez Sita/Suez Environnement. Ils sont la face immergée de l'ice-berg qui glace le sang des habitants de Cayres et Seneujols depuis un mois et demi. Ils étaient, hier, en Haute-Loire pour présenter le résultat de l'étude de faisabilité et préciser leurs intentions.

Tout d'abord, les résultats de votre étude faisabilité. Quels sont-ils ?

L'étude de faisabilité démontre que le site du « Ronzet » est apte à recevoir une installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND).

Cela vous ouvre la porte du projet dont vous connaissez déjà les grandes lignes...

Il s'agit d'une ISDND de petite taille pour traiter localement les déchets locaux, ceux de la partie centrale du département (*). L'objectif est de traiter 40 000 tonnes de déchets par an en moyenne, 50 000 tonnes au maximum, sur une vingtaine d'années.

Vous certifiez que votre projet n'aura aucun impact. C'est techniquement réalisable ?

Le site, c'est 25 hectares dont 19 de stockage mais une utilisation à un moment de T de 2 500 m² à la fois. Le site progressera par alvéoles de 2 500 m² qui seront étanchées dessous et dessus pour empêcher l'impact sur l'eau et les habitations. Les lixiviats seront collectés pour en extraire le 1 % de matière sèche. L'impact sur les terres de lentilles est nul puisqu'à mesure de la progression des alvéoles, les terres seront à nouveau cultivables. Il y aura un système de rotation enfouissement/exploitation agricole. Les biogaz seront collectés et exploités pour l'autonomie du site et l'excédent d'électricité revendu… L'objectif est de zéro rejet. Il ne s'agit pas de provoquer des déchets mais de les maîtriser. Et pour nous, plus il y a de normes, plus nous sommes à l'aise et plus notre travail acquiert de la valeur ajoutée.

Pourquoi à « Ronzet » ?

Il n'y a pas de site parfait, mais des sites plus appropriés que d'autres : sans protection environnementale, proches d'une route, loin des réseaux aériens d'électricité et des réseaux enfouis… Il faut un site d'un seul tenant. « Ronzet » répond à ces prérogatives. Mais surtout, le projet répond à un besoin clairement évoqué, à un intérêt général.

Vous dites vouloir agir dans la transparence...

Il faut arrêter de faire peur avec les déchets et sortir du passionnel. Les gens ont le droit à l'information, ils ont le droit d'avoir des réponses et nous comprenons leurs craintes.

Propos recueillis par Rémi Barbe
Le progrès - le
07.10.2009

Note

(*) Les Sictom des Monts du Forez et de l'Emblavez-Meygal, la communauté de communes de Saugues et la communauté d'agglomération du Puy n'ont pas de solution locale pour le traitement de leurs déchets.

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