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Publié par ACCID

GRISOLLES (Aisne). Le rapport de la commission d'enquête sur l'autorisation d'exploiter le centre de stockage de déchets de Grisolles en a indigné plus d'un.

IL fait grincer des dents, le rapport de la commission d'enquête qui vient de tomber sur le centre d'enfouissement des déchets de Grisolles.
Souvenez-vous, une nouvelle enquête publique avait dû être diligentée par le préfet de l'Aisne du 5 décembre au 16 janvier. Objectif pour Valor'Aisne, le syndicat départemental de traitement des déchets dont l'arrêté d'exploitation avait été annulé en mars 2011 par le tribunal administratif : se mettre en règle en demandant une nouvelle autorisation d'exploiter le centre d'enfouissement qui fonctionne actuellement grâce à une autorisation « provisoire ».

Courriers de protestation

En lisant ce fameux rapport des commissaires enquêteurs qui se disent « favorables » à l'exploitation du site, les associations de défense de l'environnement, qui bataillent depuis dix ans contre l'implantation du centre, et les riverains se disent « abasourdis », « indignés » : « Nous ne comprenons pas ! La commission d'enquête se permet de porter des appréciations, jugements et même accusations sur des personnes ayant osé s'exprimer. Elle interprète, commente ce qui est dit, est-ce là le rôle d'une commission d'enquête ? » relève, outrée, Françoise Prévost, membre de l'association VAG, Vivre à Grisolles, qui ajoute : « La commission s'est cristallisée sur les personnes au détriment du fond. Nous n'allons pas laisser passer cela dans rien dire. »

Les associations VAG et Vie et Paysages ont donc réagi en écrivant un courrier au préfet de l'Aisne, Pierre Bayle et à la présidente du Tribunal administratif d'Amiens, Elise Corouge. « Nous espérions que le rapport soit rendu de manière responsable et éthique mais cela n'est pas le cas. »
Cerise sur le gâteau, la commission a jugé « irrecevable » les remarques déposées par les associations. Pour elles, pas de doute : « Il ressort une absence totale de compétence technique de cette commission, aussi nous la contestons tout comme ses conclusions. »

Pierre Benoît, hydrogéologue, expert auprès des tribunaux, également commissaire enquêteur à ses heures, qui a lu le rapport à la demande de VAG, conclut lui aussi « au peu de technicité et d'impartialité du commissaire enquêteur ». Cela suffira-t-il à remettre en cause l'enquête publique et son rapport ?
En attendant, une chose est sûre : le rapport doit réjouir au plus haut point Valor'Aisne qui se sent ainsi conforté dans ses positions. Les commissaires enquêteurs émettent juste quelques réserves sur la maîtrise des odeurs, la pollution des nappes et le risque incendie. Rien de révolutionnaire pour le syndicat, en somme.

Frédérique PETRE

Publié le mercredi 29 mai 2013 à 10H11

La commission « favorable » à l'exploitation

Au final, la commission d'enquête se dit favorable à la demande d'autorisation d'exploitation de l'Eco-centre de la Tuilerie et conclut, noir sur blanc : « Le CET répond à un besoin indispensable de la population de l'Aisne, par devoir de solidarité départementale, ce terroir se doit d'accueillir cette installation. » Plus loin, « condamner ce site, c'est condamner les millions d'euros qui y ont été investis et enclencher plus d'investissements sur un autre site qui ne présenterait plus de garantie et donc enclencherait plus de charges fiscales ».

Elle renchérit : « Le site est là, il ne va pas partir, il faut agir au mieux pour que ce soit le plus supportable et le moins impactant pour le terroir et les riverains. »
Concernant les odeurs. « Elles sont présentes, non permanentes. Elles sont liées à la livraison et au stockage des ordures ménagères fraîches et liées à l'émission de biogaz (fermentation du stock). » La commission d'enquête reconnaît néanmoins que les mesures prises par Valor'Aisne pour limiter leur accroissement sont jusqu'ici « inopérantes » : « Les investissements sont trop lents à se mettre en place […] Les services de l'État doivent se mobiliser pour accélérer ces démarches de progrès. » Plus loin, elle ajoute : « Les effets sur la santé ne sont pas prouvés. »

Risque sur la nappe d'eau potable. « Pas d'impact significatif sur ces nappes à l'heure actuelle […]. Par précaution, le suivi doit être maintenu et diffusé à la population en toute transparence. »
Risque incendie. « Il mérite vigilance en suivant trois actions : prévention, protection et intervention. » Les commissaires enquêteurs précisent : « D'autres nuisances sont attribuées au site par certains publics. Ceci procède plus d'amalgame que d'une véritable analyse objective. La tradition millénaire du bouc émissaire est un réflexe primaire dont doit se prémunir et se départir toute société dite évoluée. » Point d'orgue : « Nul n'est parfait, mais nul ne peut et ne doit assumer toute la misère du monde. Certains excès et procédés condamnables que nous avons vécus ici sont contre-productifs et peuvent nuire à cette expression démocratique » !

Rapport de la commission d'enquête

Conclusions de la commission d'enquête

Lettre de protestation envoyée à la présidente du TA d'Amiens

Avis de l'expert Pierre Benoit suite à la publication des conclusions de la commission d'enquête

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