ACCID est une association loi 1901 qui a pour but de s'opposer à l'implantation d'un Centre de Stockage de Déchets Ultimes ou à tout autre type de décharge ou de stockages contrôlés
17 Mars 2010
Pourquoi parler de la décharge de Retzwiller ce soir ? Déjà
parce la réalité de ce centre est très éloignée de l'image idyllique que les industriels entendent coller aux centres d'enfouissement de déchets, même récents. Deuxièmement, cette
décharge fait hélas aussi partie de la longue liste de décharges dont JM. COLLARD et l'entreprise Villers Services réclame la paternité dans le dossier remis lors de l'enquête publique à Robécourt. Et oui, encore une, et la liste n'est pas finie.
Alors, quand nous sommes tombés par hasard sur le réquisitoire, consacré à cette décharge, écrit le 13/01/2010 par M. Dany DIETMANN,
Maire de Manspach, sur le blog d'Europe Ecologie Alsace (voir
lien à la fin de l'article), nous n'avons pu qu’approuver le contenu de ce texte. Réquisitoire contre le CET de Retzwiller, mais aussi réquisitoire contre l'enfouissement des déchets en général.
Tous les membres d'associations anti-décharge connaissent M. DIETMANN, véritable icone de la réduction des déchets, de la pesée embarquée en
particulier. Ses convictions sont fortes et ne peuvent être mises en doute.
Ce qui nous a surpris, c'est la présence de M.
WAECHTER, assis juste à gauche de M. DIETMANN, sur la photo utilisée pour illustrer cet article (à sa
droite, M. Jacques FERNIQUE).
Toutes les personnes qui ont participé à l'enquête publique de Robécourt ont très bien noté que c'était le cabinet d'étude de M. WAECHTER qui avait réalisé l'étude faune / flore du site de
la Fennecière pour le compte de l'entreprise Villers Services. Etude très sommaire qui ne voyait aucun inconvénient à créer un centre d'enfouissement de
déchets en pleine zone Natura 2000. Aucune incompatibilité. Aucune nuisance. Aucun effet notable dommageable. Pas d'évaluation des incidences. Qu'elle ne fut pas notre surprise -
lors de l'enquête publique à Montblanc / Bessan (34), autre projet de l'entreprise Villers Services - ne nous rendre compte que l'étude faune /
flore avait été aussi réalisée par le cabinet d'étude de M. WAECHTER. Drôle de coïncidence.
Alors où est la cohérence : entre les convictions fortes de M. DIETMANN et celles M. WAECHTER qui n'hésite pas à travailler pour Villers Services ou, pour le moins, laisse cette entreprise
utiliser son nom comme caution "écologique" pour créer des centres d'enfouissement, même en zone écologiquement protégée ? Nous pouvons légitimement nous poser la question
!
DÉCHARGE DE RETZWILLER
« Un monstrueux gâchis »
Au sud
de l’Alsace, entre Montbéliard et Mulhouse, se trouve la seule décharge de classe 2 ISDND du département du Haut-Rhin ouverte en 1988, en lieu et place des marnières
STURM.
Les premières années d’exploitation se firent sous le signe de la plus infâme pagaille, puisqu’arrivaient
indistinctement, les déchets ménagers et les déchets industriels dont l’immatriculation des camions indiquait les provenances lointaines les plus
diverses.
Ce dépotoir créa d’innombrables problèmes aux populations riveraines et il aura fallu la menace d’émergence d’un
projet de mise en place d’une décharge de classe 1, pour que les populations et les élus réagissent. Géré par SITA, le site ne reçoit plus de déchets des ménages, mais des DIB ou déchets
industriels banals, venant de l’artisanat, du commerce, de l’industrie et des centres de traitements des ordures ménagères, et STEP.
LE PRIX DE LA PUANTEUR : Les villageois riverains de ce dépotoir ont dû subir , des années durant, les pestilences insoutenables, des 220 000
tonnes/an de déchets déposées devant leurs portes. Afin de tenter d’aténuer ces maux, l’exploitant décida de drainer les biogaz de la décharge pour les acheminer vers 2 unités de valorisation
énergétiques de 1,2 MW chacune. Bien que le dispositif capte une part non négligeable des biogaz, il n’en reste pas moins qu’une grosse partie s’échappe dans l’atmosphère, générant toujours des
degrés de nuisance non négligeables. Face à cette situation, les élus de la Communauté de Communes de la Porte d’Alsace décidèrent de jouer le jeu de l’exemplarité en mettant en place des
collectes sélectives, du compostage individuel, des collectes des déchets verts, et en initiant dés 2000 la facturation incitative de la collecte par la pesée embarquée. Parallèlement, le Conseil
Général du Haut-Rhin interdit l’apport des déchets ménagers à la décharge de Retzwiller. C’est ainsi que la décharge de Retzwiller se trouva largement privée de l’apport des produits
fermentescibles ménagers responsables des odeurs. Cette mesure déterminante eut pour conséquence immédiate la chute de production de biogaz de la décharge et l’arrêt et le démontage d’une des
deux unités de valorisation. La courbe prolongeant son infléchissement, il ne fait aucun doute que les jours de la 2ème unité sont à présent comptés, et l’avenir énergétique de la décharge est à
présent fortement consumé.
De 230 000 T/an à 50 000 T/an : Nul ne peut nier que les
tonnages dépotés en décharge sont en baisse puisqu’en 2009 ils sont passés sous la barre des 150 000 Tonnes/an. Toutefois, cette évolution « positive » cache une réalité beaucoup moins
reluisante dans le sens où ces masses sont constituées de DIB dont + de 70 % d’entre eux sont recyclables ou valorisables après tri.
A l’heure où les 15 000
habitants de la communauté de commune de la Porte d’Alsace, sont parvenus à faire passer la masse de leurs produits résiduels de 370 kg/habt/an en 1999 à 87 kg/hab/an en 2008, par la
valeur ajoutée du geste du tri, il est tout à fait inacceptable de constater que les industriels ont le droit de poursuivre le remplissage de la décharge avec des produits
valorisables.
Cet état de fait est d’autant plus navrant, que les exploitants de la décharge viennent de solliciter le 11 Août
2009 une autorisation d’extension du site sur 10 hectares. Le Conseil municipal de Retzwiller a fort légitimement refusé cette extension.
Après l’abandon définitif de
l’inutile projet d’incinérateur d’Aspach, et la diminution constatée de la masse des produits résiduels ménagers grâce au compostage et au tri sélectif, il n’est pas acceptable que le site de
Retzwiller poursuive son développement.
«Tous les ans l’Alsace perd 1000 hectares en urbanisation, en routes, en aménagements divers.
Faut-il y rajouter l’extension de décharges dont le seul objectif est d’enfouir des produits recyclables ou valorisables après tri ? L’Alsace peut mieux faire, Europe Ecologie Alsace s’y
engage.»
Dany DIETMANN
Maire de Manspach et Candidat sur la liste Europe Ecologie Alsace